Nationalisme et antisémitisme en France

Publié par : Ruesaintgui

Exposé : Nationalisme et antisémitisme en France.


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les Catholiques "intransigeants" de plus en plus en plus nombreux et les défenseurs de la "Sociale" mieux qu'une doctrine qui se donne pour but de réconcilier les victimes des juifs en France, elles que l'on affirme être si nombreuses ? Le nationalisme avait un chef au temps du Boulangisme, mais depuis sa défaite, c'est du côté de cette pensée si largement diffusée qu'il faut chercher un principe de cohésion. Drumont présente ainsi comme un outil inégalable de ralliement de la nation le cri si souvent lancé à cette époque : "A bas les juifs". On l'entendra de manière constante dans les rassemblements nationalistes, rapidement associé à un "A bas Dreyfus"...


Le mouvement antisémite tient les juifs pour responsables de la "décadence" du pays à tous les niveaux : faiblesse du régime , difficultés économiques, échec du Boulangisme puis du Parti National selon certains, à la base du cléricalisme selon d'autres ( G. Tridon : Du Molochisme Juif, 1884)...La force de cet antisémitisme réside dans le fait qu'il conforte la majorité dans leur certitude qu'il y a un responsable à tous les problèmes que connaît selon eux la nation, et ce ne sont pas les multiples contradictions qui l'empêchent d'unifier le mouvement nationaliste si hétéroclite. Il existe un antisémitisme d'opportunité, motivé par la force d'attraction que la doctrine représente : ainsi, le duc d?Orléans laisse ses partisans s'engager sous la bannière de l'antisémitisme, lui qui rêverait d'utiliser la popularité d'un tel mouvement à ses fins. Il affirme donc en 1998 qu'il y a une question juive et que la monarchie doit par conséquent, dans un élan de nationalisme protéger les vrais français attachés au sol national.


Maurice Barrès exprime le sentiment d'une angoisse politique, d'une nation "dissociée" et "décérébrée" depuis 1871. La nécessité du relativisme (tout juger "par rapport à la France") s'impose face aux juifs et aux francs-maçons : il faut recomposer la Nation autour de ses institutions, gardiennes de son identité : l'armée et l'Eglise. "Il ne faut pas se plaindre du mouvement antisémite dans l'instant où l'on constate la puissance énorme de la nationalité juive qui menace de chambardement l'Etat français", or "moi je veux conserver la France, c'est tout le nationalisme, cette opposition", déclare-t-il dans Le journal du 4 octobre 1898. C'est selon cette conception du nationalisme qu'il mène un combat politique engagé en 1889 à Nancy.


Il accorde de l'intérêt à l'antisémitisme en tant que facteur d'unité, unité que ni Jeanne d'Arc, ni le Prince de polignac, ni les théories de Naquet sur la République nouvelle ne parviennent à réaliser. Lui entend bien réaliser une synthèse de la vieille France et de la République démocratique, ce que le Boulangisme n'a pas réussi à faire. C'est dans ce but que "le Boulangisme doit être antisémite comme un parti de réconciliation nationale".


Il prône un "nationalisme des petits", ceux qui n'ont pour eux que leur enracinement, leur qualité de français, et un antisémitisme social, qui offre une solution à tous les maux de la société, et qui est capable d'ébranler les masses qui ne répondent ainsi ni à l'appel du marxisme ni à celui de la démocratie libérale, en même temps qu'il est assez puissant pour surmonter les clivages sociaux. Démontrant la collusion des juifs et de l'opportunisme, et leur implication dans l'échec du boulangisme, Barrès est à l'origine de ce qu'on a appelé le Boulangisme de Nancy. En effet, Le 9 février 1889, au cours de la première grande manifestation boulangiste à Nancy, l'on clame "A bas les juifs" et "Vive Boulanger "... Il avait reproché à Boulanger de ne pas assez user de cette arme qu'est l'antisémitisme, c'est donc lui qui le fait, appuyé par une partie de la presse de l'Est.


Barrès définit le nationalisme comme "acceptation d'un déterminisme", et pour lui, "un nationaliste, c'est un français qui a pris conscience de sa formation"...Alors qu'il soutenait que "nous ne sommes pas une race mais une Nation", l'influence de J. Soury prend petit à petit le dessus : "Que Dreyfus est capable de trahir, je le conclus de sa race", affirme-t-il finalement.


Par ailleurs, il convient par deux exemples de nuancer l'unité du nationalisme "des nationalistes" autour de valeurs effectives dans l'antidreyfusisme et plus particulièrement l'antisémitisme. Tout d'abord, ce même Charles Péguy soulignait lui-même dans Notre Jeunesse que certains anti dréyfusards n'en avaient en rien contre les juifs, mais s'obstinaient juste à défendre l'armée sacrée, c'est le cas de Brunetière ou de Denys Cochin. D'autre part, il existe un débat historique afin de savoir si Déroulède était réellement antisémite? En effet, l'une des grandes figures du nationalisme français était dans les années 1880 philosémite, grand ami de Crémieux, prenant la défense des juifs dès 1883 dans un discours à Rouen, et chef d'une ligue ouverte aux juifs. Comme la plupart des français non-juifs de l?époque, il a ensuite laissé transparaître quelques opinions antisémites, contre Reinach par exemple, avant de reconnaître que Drumont avait raison sur la "Question juive". Cependant, alors que sa ligue expliquait son développement par un antisémitisme croissant ( 90% d'antisémites en son sein), l'emblématique guide s'est toujours refusé à crier "à bas les juifs" ce qui lui vaudra l'insulte de Jules Guérin et de Drumont: "un fou inguérissable". "Nous ne pouvons pas être antisémites", continue-t-il à affirmer...



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Date :

04/01/2011


Langue :

Français


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4


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Résumé

Auteur : Martin Reynaud


Tags : Exposé, Sciences Po, nationalisme, antisémitisme
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