La sidérurgie française 1945-1979. L'histoire d'une faillite. Les solutions qui s'affrontent

Publié par : Economist

La sidérurgie française 1945-1979. L'histoire d'une faillite. Les solutions qui s'affrontent. La politique gouvernementale des prix a-t-elle empêché les sociétés sidérurgiques de dégager des ressources financières suffisantes pour leurs investissements, comme l'affirme depuis 20 ans la Chambre syndicale de la sidérurgie


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La faillite de la sidérurgie, le nouveau plan de restructuration, la crise sociale et régionale qui les accompagne posent quatre grandes questions. Comment des sociétés, parmi les plus puissantes du pays, peuvent-elles se laisser banalement acculer à la faillite ? Comment l'État, partie prenante de toutes les grandes décisions depuis la dernière guerre, n'a-t-il pu enrayer ce processus, et comment n'a-t-il pu organiser la diversification industrielle des régions sidérurgiques? Pourquoi les travailleurs ont-ils été contraints de réagir, une fois de plus, le dos au mur, au dernier moment, alors que depuis 1966 la question de la modernisation et de la restructuration des usines sidérurgiques est posée ? Est-ce que la prise de contrôle par l'État, est-ce que les choix industriels faits et les mesures prises par le gouvernement sont susceptibles de remettre sur pied la sidérurgie ?


Les nouvelles directions d'Usinor et de Sacilor déclarent pourtant qu'il faut arrêter de nombreuses installations devenues non-compétitives. Les deux sociétés ont accumulé 14.000 millions de francs de déficit en quatre ans, soit le coût de Solmer à Fos (si l'on tient compte de l'inflation depuis 1974). L'intervention de l'État a été rendue indispensable, ne serait-ce que pour éviter une crise financière sans précédent.


L'État précisément a été associé à toutes les grandes décisions prises depuis 1945 en matière d'installations nouvelles, d'objectif de production, et de financement. Depuis 1949, il a prêté 11.880 millions de francs courants à bas taux d'intérêt, soit 17% des sommes investies par la sidérurgie française. II a facilité de nombreux emprunts obligataires (31% des investissements) et il a de fait garanti dans la période récente les avances des banques. Il a financé d'importantes infrastructures dont les bénéficiaires essentiels ont été (ou devaient être) les sociétés sidérurgiques, notamment l'électrification prioritaire de la voie ferrée Thionville-Valenciennes, la canalisation de la Moselle, la mise à grand gabarit du canal Dunkerque-Denain, le port de Dunkerque et Fos. Il a pris en charge l'essentiel du coût des réductions d'effectif que les sociétés sidérurgiques ont opéré à quatre reprises depuis 1966. Les incitations financières à la création d'emplois nouveaux dans les régions touchées, et l'aide apportée aux municipalités dont les ressources ont été brutalement réduites par les fermetures d'usines.


Non seulement l'État n'a pas enrayé la dégradation financière de la sidérurgie française, mais il n'a pas réussi à reconvertir industriellement, depuis 15 ans que le problème est clairement posé, les zones sidérurgiques. Pourtant les déclarations rassurantes et péremptoires des plus hautes autorités de l'État ont été nombreuses


Les explications de cette faillite financière, économique, politique et morale n'ont pas manqué depuis six mois, au point que certains ont pu écrire que tout avait été dit. Cependant, les explications avancées sont suffisamment contradictoires, pour inviter à rechercher historiquement l'enchaînement des faits, des situations et des décisions qui ont pu produire un tel résultat.


Giraud, ministre de l'Industrie, et même à un " climat d'irresponsabilité générale " ? A-t-on à faire avec le patronat de la sidérurgie à un patronat malthusien, hésitant, conservateur, techniquement incompétent, devenu incapable de faire son métier de patron?


Est-ce que la politique d'exportation pratiquée par la sidérurgie française l'a rendu dépendante des fluctuations de la demande et des prix du marché international? La sidérurgie, secteur de base, exigeant de gros investissements, ne pourrait-elle plus, par nature, relever du secteur privé ? La non diversification industrielle des sociétés sidérurgiques françaises les aurait-elle empêchées de valoriser l'acier qu'elle produisent, et de dégager des bénéfices plus importants? La concurrence des sidérurgies des pays en voies d'industrialisation, qui n'hésiteraient pas à vendre à perte



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Date :

03/02/2011


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Français


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171


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Auteur : SAVELLI


Tags : Article de recherche, Economie
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