Observatoire du Management Alternatif
Alternative Management Observatory
Fiche de lecture
La société de consommation
Jean Baudrillard
Mastère Spécialisé Management du Développement Durable
Genèse de la fiche de lecture
Cette fiche de lecture a été réalisée dans le cadre du cours « Histoire de la critique »
donné par Eve Chiapello et Ludovic François au sein de la Majeure Alternative
Origin of this review
third-year HEC Paris business school program.
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La société de consommation
encore quelque chose ? Jean Baudrillard montre à quel point la consommation structure les
ses constructions symboliques et son futur sérieusement hypothéqué. Le style franc,
consommation une référence en la matière.
Mots-clés : Consommation, Société, Comportements, Mythe, Morale, Publicité,
Conditionnement
La société de consommation (Consumer society)
The book under study was first published in 1974 by Gallimard (Paris).
In his book, Jean Baudrillard shows to what extent consumption has been shaping
relationships in western societies. Indeed, not only is consumption a means to satisfy our
needs, it has now become what tells people apart. Its influence is felt everywhere, to such a
degree that today, consumption actually embodies morals, compellingly wrecking the essence
perverted. This 30-year-old book has not aged at all and is of great help in the understanding
acute intelligence, together with his straightforward style, has contributed to making La
société de consommation a true reference on the subject.
Key words: Consumption, Society, Behaviours, Myth, Morals, Advertisement, Conditioning
Table des matières
Jean Baudrillard est un sociologue et philosophe français, né le 27
juillet 1929 à Reims et mort le 6 mars 2007 à Paris. Sa pensée a
fortement évolué depuis la publication, à la fin des années 1960, du
Système des objets et de La Société de consommation, pour se
concentrer sur la notion de « disparition de la réalité ». D'origine paysanne, son père est
fois amicale, amoureuse, studieuse et révolutionnaire. Mais il tourne le dos au concours pour
aller s'établir comme ouvrier agricole puis maçon à la tâche dans la région d'Arles. Il est ainsi
études supérieures à l'université des langues de la Sorbonne, et obtient l'agrégation
ouvrages, notamment avec Gilbert Badia Dialogue d'exilés de Bertolt Brecht, ainsi que
L'Idéologie allemande de Karl Marx.
Jean Baudrillard opère une nouvelle conversion soudaine en cessant l'enseignement
secondaire et opte pour la philosophie politique en entreprenant une thèse de doctorat en
troisième cycle de sociologie de la vie quotidienne. En 1968, son doctorat remporte les
félicitations du jury et donne lieu à son premier ouvrage Le Système des objets. A partir des
années 1970, il ne lui faut pas plus d'une dizaine d'années pour être connu aux quatre coins
du monde, alors que son propre pays persiste à ne pas lui accorder d'importance. Critique du
rationalisme et de l'épistémologie scientifique et des concepts relatifs de réalité et de
CNRS et rédige de nombreux articles et critiques dans la presse. Il montre comment les
tendances sociologiques contemporaines, comme les commémorations et autres excès, sont
les moyens obscènes de l'extension quasi-«totalitaire» du Bien pour obtenir une cohésion. Il
lance aux générations postérieures un défi original dans la création, sans laquelle le savoir
prend statut d'indifférence. Ainsi se présente encore aujourd'hui la cohérence de sa critique
dans Oublier Foucault (1977), à la fois éloge critique de l'excellence littéraire du discours
scientifique de la description exhaustive, comme pensée du pouvoir. Dans la lignée
nietzschéenne de l'immanence de l'être, il relève le défi de la perte de sens du sujet
va commencer à régner avec ses règles propres, altières : « tout le destin du sujet passe dans
l'objet » - Les stratégies fatales (1983). La vie de Jean Baudrillard est également marquée
par son engagement social et son dédain pour les académismes, qui prirent la forme d'une
véritable attaque contre le pouvoir et de sa pensée.. En fait, tous ses choix de réserve et le
La société de consommation :
définit au travers des trois cent seize pages de son livre, le rôle de la consommation dans les
sociétés occidentales comme un élément structurant des relations sociales. Dès lors, la
plutôt de se différencier. Cette personnalisation tend à remplacer les différences réelles entre
les individus par essence contradictoires. Par le biais des trois axes majeurs de son livre,
Baudrillard démontre comment nos sociétés sont happées par la consommation qui prend
post-Trente Glorieuses et au lendemain de Mai 68. La fin du rêve industriel est proche, on
toutes les couches de la population dans un refus du pouvoir dirigeant. La société décrite par
comportement des hommes face à la consommation.
Plan du livre :
AVANT-PROPOS.
Le statut miraculeux de la consommation.
Le cercle vicieux de la croissance.
DEUXIEME PARTIE : Théorie de la consommation.
La logique sociale de la consommation.
Pour une théorie de la consommation.
La personnalisation ou la plus petite différence marginale (P.P.D.M).
TROISEME PARTIE : Mass media, sexe et loisirs.
La culture mass-médiatique.
Le plus bel objet de consommation : le corps.
La mystique de la sollicitude.
BIBLIOGRAPHIE.
du grand public les biens de consommation censés prendre part à leur bonheur. Ces lieux
extérieur et par son biais on capte de la puissance vis-à-vis du monde qui nous entoure.
Cependant, Baudrillard nous rappelle combien les signes sont ambivalents et dénotent
clairement comment les dépenses publiques augmentent au profit de celles du secteur privé
part de lumière redorant le système vient du fait que la société collective ne retient que le
positif, comme le dit Baudrillard : « toute chose produite est sacralisée par le fait même de
rapidement éclipsée, laissant ainsi la part belle à la toute puissance du renouvellement à tout
prix même si cela doit aboutir à un gaspillage des unités produites.
consommation a besoin de créer des objets, puis de les détruire pour exister. Ainsi, le
La consommation, source de dépendance :
individu sa part de droit au bonheur, Jean Baudrillard va démontrer la logique sociale de la
hommes sur tous les plans, dont celui des besoins. Cependant, si elles remplissent le contrat
formalité, mais comment alors expliquer la pauvreté toujours grandissante dans le système
mis en place ? A moins que le déséquilibre riche pauvre ne soit lui-même un élément
il faudrait un écart de richesse entre individus pour donner naissance à la croissance.
finira bien par y en avoir pour tout le monde » mais peut-on raisonnablement croire à une
mécanique des fluides aussi simpliste ? Ainsi la structure sociale régenterait-elle la
que les enfants des uns ne bénéficient pas du même apprentissage scolaire que les autres. La
consommation va ainsi devenir un moyen comme un autre de marquer son appartenance à
promise par une société en perpétuelle croissance car la société doit tenir compte de la
« homo oeconomicus ». Cet individu privilégie systématiquement les objets pour atteindre
la société reste la plus forte. En effet, les codes et les signes extérieurs poussent toujours
accomplissement. On ne peut nier après un tel constat que Baudrillard nous décrive la
société comme orientée de plus en plus vers un individualisme grandissant, centrer sur les
il va irrémédiablement recréer une nouvelle source de dépendance, avec ses propres codes et
Les influences sur la consommation :
et de la culture dans notre quotidien. En effet, nous croyons avoir des connaissances sur
inoffensif mais qui de fait devient tout dans notre vie quotidienne. Comment peut-on en être
cruellement les faiblesses de nos sociétés attachées au tout visible. Ainsi, même notre corps
dans le but de vous le vendre. Baudrillard illustre parfaitement cette pensée au travers de la
dualité du mot : sollicitude. Cherche-t-on à satisfaire, à gratifier, à prendre soin de nous ou
bien à nous séduire, à détourner subrepticement nos exigences ? Pour lui, il ne fait aucun
seul but, nous faire consommer toujours davantage créant par la même occasion notre
3. Commentaires critiques:
Société de consommation (1970). Cependant, un double désenchantement politique et
groupe Utopie entre 1967 et 1978 témoignent de cette évolution. La réflexion sur le
symbolique a coupé ses liens avec le réel. La quête du provocateur, du brillant et du léger a
pris la place du rationalisme critique. Selon Philippe Corcuff, Jean Baudrillard a certes
quitté les rivages de la rigueur intellectuelle avec une ironie élégante, car il a cru tenir dans
même, Thomas Florian dans un essai relate les faiblesses du discours de Baudrillard, qui
sentencieux, les airs inspirés et les paradoxes faciles ne restent que des platitudes ou des
par les intellectuels. Cependant, on trouve également des critiques plus pragmatiques. Ainsi
sens. Elle confirme que la communication manipule l'utilisation des images et des signes,
pour nous les rendre plus séduisants et transformer " la part du produit " en " part de rêve.
Consommer, c'est donc « être en représentation » : se faire valoir, se montrer. Finalement,
ce ne sont plus les produits qui sont représentés, mais les valeurs qu'ils doivent
communiquer. Les idéaux de bonheur, de liberté, de fraternité, et plus généralement de
réussite individuelle et collective sont véhiculés en permanence par la publicité avec plus
d'efficacité que par les religions, la philosophie ou les programmes politiques. L'intégration
sociale se fait en impliquant inconsciemment les individus dans le système de différences de
prestige qu'implique la soumission aux codes de la consommation. La communication
publicitaire est en cela aidée par les médias et les enquêtes. Dans La Société de
consommation, Baudrillard dénonce comme Galbraith le survoltage de la demande par des
"accélérateurs artificiels" : tout l'appareil comptable et psychosociologique de l'étude de
marché existe dans le seul but d'induire la demande et de masquer continuellement ce
processus de création de nouveaux besoins en faisant croire aux personnes sondées que l'on
est à l'écoute de leur désir le plus profond. Dans la consommation, un individu ne satisfait
pas un manque, il échange des signes. Paradoxalement, ce désir de reconnaissance et de
distinction produit des êtres standardisés puisque, dans la pratique de la consommation, se
différencier, c'est toujours s'affilier à des modèles artificiellement démultipliés.
contexte, on prend conscience que tout ce qui est une évidence pour notre époque
sont surexposées aux radiations des publicités, des vitrines, des affichages, des
sont bien celles qui ont retenti postérieurement à sa description ; Pour preuve, les cours de
marketing enseignés dans toutes les écoles de commerce du monde entier, basés sur
encore la classification de Murray. On peut identifier des causes sociologiques chez
siècle est bien celui du vouloir toujours plus pour sa satisfaction personnelle dans un
raisonnement planétaire concernant les problèmes sociaux et environnementaux par
de consommation se sont élargis mais parallèlement les réseaux de communication se sont
Internet les pressions exercées par les associations de consommateurs contre des marques de
société ne respectant pas tel contrat social ou telle charte environnemental. Contrairement
aux prévisions de Jean Baudrillard, le consommateur est bel et bien repassé au premier plan
en devenant un « consommacteur » et en faisant par ses propres choix évoluer la société. Il
entreprises les pousse toujours plus en avant dans la recherche et le développement de
produits durables. Bien sûr, la question qui se pose alors est la suivante : le consommateur
a-t-il les moyens de ses ambitions ? La propension actuelle à réellement prendre conscience
constatent simplement que les déséquilibres mettent en péril la stabilité même du monde.
Ainsi des personnalités telles que Muhammad Yunus, Prix Nobel de la paix 2006, démontre
le caractère essentiel du : « social business » dans nos sociétés capitalistes, ou comment
à explorer sont encore nombreuses et peuvent éloigner les funestes spectres dépeints par
ressources naturelles.
1968 - Le Système des objets, coll. Les Essais, Gallimard, Paris.
1970 - La Société de consommation, Gallimard, Paris, (316 p.)
1973 - Le Miroir de la production, Casterman, Paris.
1977 - Oublier Foucault, col. Espace critique, dir. Paul Virilio, Galilée, Paris.
1979 - De la séduction, Galilée, Paris.
1981 - Simulacres et Simulation, Galilée, Paris.
1983 - Les Stratégies fatales, Grasset, Paris.
1984 - La Gauche divine, Grasset, Paris.
1985 - Le Miroir de la production, Galilée, Paris.
1986 - Amérique, Grasset, Paris.
1987 - Cool Memories I, Galilée, Paris.
1990 - La Transparence du mal, Galilée, Paris.
1990 - Cool Memories II, Galilée, Paris.
1990 - La transparence du mal, Galilée, Paris.
1994 - Le Crime parfait, Galilée, Paris.
1995 - Cool Memories III, Galilée, Paris.
1997 - Ecran total, Galilée, Paris.
1997 - Le Paroxyste indifférent, entretien avec Philippe Petit, Grasset, Paris.
2000 - Cool Memories IV, Galilée, Paris.
2000 - Mots de passe, Pauvert, Paris.
2000 - Le Complot de l'art, entrevues, éd Sens & Tonka, Paris ; Semiotext(e), New York.
2000 - Les Objets singuliers, avec Jean Nouvel, Calmann-Lévy.
2001 - Télémorphose, Sens & Tonka.
2003 - La Violence du monde, avec Edgar Morin ; éd. du Félin, Paris.
2005 - Oublier Artaud, dialogue avec Sylvère Lotringer, éd. Semiotext(e), New York.
2005 - Les Exilés du dialogue ? avec Enrique Valiente-Noailles, entretien, Galilée, Paris.
5. Références:
Ouvrage :
Yunus, M. (2008). Vers un nouveau capitalisme. Paris, JC Lattès.
Article:
Données consultées sur internet:
Barrère L., Représentation et communication publicitaire [en ligne]. Disponible sur :
http://www.philophil.com/philosophie/representation/Forum/publicite.htm
[Consulté en Avril 2008].
Disponible sur : http://multitudes.samizdat.net/spip.php?article2879 [Consulté en
Avril 2008].
Florian T., 2006. Bonjour... Baudrillard, Baudrillard sans simulacres [en ligne]. Février
2006. Disponible sur : http://lmsi.net/spip.php?article507 . [Consulté en Avril 2008].