La crise de la dette souveraine dans la zone euro et ses conséquences sur les économies africaines

Publié par : Saryngoy

La crise de la dette souveraine dans la zone euro ne peut pas épargner les économies africaines, dans la mesure où elle devienne crise systèmique


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La dette souveraine est une dette publique. Elle représentent les emprunts de l'Etat sur le marché financier privé. Elle s'opère par l'émission , à travers les banques centrales, des obligations, en vue de se procurer le financement des activités, par l'Etat. L'Etat contracte la dette auprès des souscripteurs nationaux et internationaux, pour financer ses propres activités. Elle est aussi utilisée pour subvenir aux entreprises privées en difficulté d'autofinancement. Dans ce cas, l'Etat, pourvoyeur en dernier ressort, se charge de procurer les moyens nécessaires aux entreprises publiques ou privées qui, par suite de perte des profits, ne peuvent accéder facilement sur le marché financier, en vue d'y bénéficier des excédents de financement. Les dettes souveraines sont porteuses des effets de stimulation. Elles peuvent également avoir des effets d'éviction, lorsqu'elles atteignent les proportions insoutenables, et ne permettent pas aux débiteurs de les rembourser dans les délais raisonnables. Les Etats endettés assurent leurs interventions financières en accumulant des déficits qui dépassent finalement leur capacité de remboursement. Ils réduisent la confiance des marchés qui leur ferment les portes, par crainte des risques aggravés. Soit, ils se tournent vers les marchés nationaux, soit, ils déclarent leurs faillites. Mais, les marchés nationaux ne peuvent être intéressant que dans la mesure où ils sont caractérisés par un niveau suffisant de l'épargne privées. Et même, dans ce cas, la méfiance provoquée par les replis des marchés internationaux peut aussi avoir des effets analogues de méfiance de la part des ménages.


A la longue, l'Etat débiteur, apparaît incapable d'assumer son rôle régalien; car il devient classé sur la liste noire des créanciers nationaux et internationaux. En dépit des garanties qui peuvent être couvertes par les mécanismes d'assurance et de réassurance, les marchés rechignent et adoptent un comportement rationnel d'anticipation des risques incertains. Car, le pays endetté et déclaré défaillant, entre dans la crise, non pas de liquidité, mais dans une crise d'insolvabilité structurelle. Les fondamentaux de cette sorte de crise sont : la baisse des taux des profits des entreprises, la liquidation, la cessation des paiements, le chômage, les taux de croissance négatives, la fracture sociale, la baisse des impôts, la délocalisation, la baisse des niveaux de consommation des ménages, etc. La pays endetté perd les bénéfices de confiance et ne peut disposer d'un pouvoir de négociation suffisante pour renflouer les caisses publiques. Il ne peut pas lever les impôts sans toucher sensiblement les capacités des entreprises à maîtriser les coûts supplémentaires qui en découlent. Il est aussi difficile de transférer le poids de cette endettement vers les entreprises étrangères, sans toucher leurs performances. Les exigences de déréglementation financière et de décloisonnement réduisent les marges d'intervention autoritaire de l'Etat endetté. Donc, l'accès au financement extérieur privé devient très limité ( aléas moral).


Il ne reste que le mécanisme de solidarité du FMI. Celui-ci est déclenché lorsque l'Etat membre est en déficit chronique ayant une incidence considérable sur les équilibres macroéconomiques du pays. Sa balance des payement ne se redresse pas. Il n'est pas capable de financer sa croissance. La structure de son économie devient affectée à tel point qu'elle nécessite la mise en place de sa restructuration.


Mais, le FMI, bien que disposant d'une caisse de solidarité, on n'y puise pas à gogo les moyens dont une économie démunie a besoin. Le fond prête en dernier ressort, mais, ses prêts sont limités. Même si les taux peuvent être faibles, il est possible que ces aides ne couvrent qu'une infime partie des besoins de financement. Dès lors, la nécessité de recours à d'autres mécanismes s'avère utile.


A l'époque où le mécanisme des intérêts perpétuels était de mise, la dette publique était garantie. L'Etat pouvait recourir aux emprunts, sans être secoué par les prêteurs. Les cités Etats italiennes belligérantes en avaient bénéficié eu 13ème siècle. Aujourd'hui, ce mécanisme est inimaginable. L'assurance était, jadis, l'hypothèque de d'un port ou de chemins de fer; ou encore l'utilisation de la force militaire.


La zone euro n'est pas la première à subir cette crise. Au début des années 90, les pays émergents, en mal d'argent, se sont précipités à la porte des marchés obligataires et ont massivement emprunté des sommes d'argent. Comme le souligne le rapport Rey, "À la suite de la crise des obligations souveraines du Mexique en 1994, de l'Asie en 1997 ( Philippines,) de la Roussie en 1998, de l'Argentine en 2002, la rapidité et l'ampleur des crises de balance des capitaux et de dette souveraine des marchés émergents avaient suscité maintes inquiétudes. Le recours accru des débiteurs souverains aux emprunts obligataires plutôt qu'aux prêts commerciaux, comme au début des années 1990, avait en effet engendré divers problèmes"4. L'Europe se croyait épargnée. Elle a continué à emprunter sur le marché obligataire. En 2011, les pays affectés par la crise totalisait la dette de l'ordre: 148 milliards d'euros pour l'Irlande; 160 milliards pour le Portugal, 328 milliards pour la Grèce, 638 milliards pour l'Espagne et 1843 milliards d'euros pour l'Italie.5 Vers la fin de l'année 2010, la rumeur sur un plan de sauvetage de l'Irlande a circulée. Bien que démentie, l'inquiétude a été confirmé par des incessantes réunions de G20.


Comment cette situation est arrivée? Amar Bhidé et Edmund S. Phelps soulignent que "Après les années 1970, les prêts souverains se sont institutionnalisés. L'encouragement est venu de la Citibank - dont l'administrateur général Walter Wriston, est devenu célèbre pour avoir déclaré que les pays ne font pas faillite. Cette banque s'est mise à recycler un flot de pétrodollars à des taux douteux. Finalement, les autres banquiers ont aussi prêté des sommes énormes avec un minimum de prudence nécessaire. Les gouvernements assaillis par des accès faciles au crédit, ne sont plus parvenus à régler les échéances d'un emprunt. Plus tard, les accords de Bâle ont aiguisé l'appétit des banques pour davantage d'obligations d'État en les décrétant pratiquement sans risque. On pouvait emprunter sur le marché international des euros à faible rendement, sans se soucier de la santé économique du pays. Ce fut le cas de nouveaux pays qui ont adhéré à l'euro et qui ont bénéficier des facilités; d'autant plus que l'évolution de la croissance performante, n'autorisait pas d'émettre des doutes, quant à la capacité future des débiteurs, à rembourser.



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Date :

03/02/2012


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Auteur : Blaise Sary Ngoy


Tags : La crise,Dette souveraine, Afrique
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