La répartition du revenu

Publié par : Whynot

Cours d'économie : La répartition du revenu. Dès la parution de La Richesse des Nations, cette partie de son différentielle pour écarter la thèse qui fait de la rente un revenu de monopole. Cette idée que les propriétaires fonciers ont passé, entre eux, un accord pour mieux exploiter leurs propriétaires sont en concurrence, a un prix positif si sa quantité est trop faible pour toute terre doit rapporter une rente (J.S. Mill, 1848 : 416-7). La concurrence, pour les classiques, est définie comme la libre entrée dans un secteur. Elle permet le jeu du processus de gravitation : si le prix de marché excède le prix naturel alors de nouveaux considère comme un tout.


Consulter un extrait ci-dessous

Mais, Smith avance une autre idée. Quand l'accumulation du capital s'accélère, le taux de salaire s'accroît et le taux de profit diminue. Cette proposition qui sera défendue par Malthus, sera vivement critiquée par Ricardo. Smith s'appuie pour l'établir sur des données empiriques. Dans les pays alors les plus riches, l'Angleterre et les Pays-Bas, la croissance est rapide ; les salaires sont élevés alors que le taux de profit


Smith considère le produit du travail comme sa récompense naturelle. Il s'inscrit, dans cette longue tradition philosophique, qui fait du travail le seul fondement moralement acceptable du droit de propriété. C'est sur cette idée que s'appuieront les socialistes pour défendre le droit des travailleurs au produit intégral de leur travail. Dans l'état initial des sociétés, qui précède l'appropriation de la terre et l'accumulation du capital, la totalité du produit appartient au travailleur. Si cet état avait perduré, les salaires auraient augmenté avec l'amélioration du pouvoir productif du travail et toute chose serait devenue progressivement moins coûteuse.


Mais, la propriété de la terre et des moyens de production échappa aux travailleurs. Sitôt que la terre devint une propriété privée, son propriétaire réclama une fraction des denrées que le travailleur y fait naître. Sa rente est la première déduction que souffrit le produit du travail. Mais il arrive rarement que l'homme qui laboure la terre possède de quoi vivre jusqu'à la moisson. Sa subsistance lui est avancée sur le capital de son maître et le fermier qui l'emploie n'aurait pas avantage à le faire s'il ne pouvait pas prélever pour lui-même une part du produit. L'apparition du profit et de la rente est l'effet d'une transformation des structures sociales.


Le marché du travail n'est pas concurrentiel. Les salaires du travail sont fixés par un contrat entre deux parties dont les intérêts sont antagonistes. Les travailleurs souhaitent obtenir le plus, les maîtres veulent donner le moins. Généralement, le débat se conclut à l'avantage des patrons. D'un côté, ils sont moins nombreux : les coalitions tacites qu'ils forment, sont plus solides et plus efficaces que celles que peuvent conclure les travailleurs. La législation qui interdit les coalitions ouvrières mais autorise celles des patrons, renforce encore le pouvoir de ces derniers. D'un autre côté, les maîtres peuvent subsister longtemps en puisant dans leur épargne alors que les travailleurs peuvent rarement vivre plus d'une semaine sans emploi. Le rapport de force ramène, ainsi, le salaire vers son niveau minimum : le salaire de subsistance défini comme la rémunération qui permet à la population de se maintenir sans accroissement, ni diminution.


L'exposé de Smith prend, alors, un tour bien différent. Il explique que, dans une économie en croissance, le taux de salaire est, de façon permanente, supérieur au salaire de subsistance. Les travailleurs ne sont pas réduits, en Angleterre, à la misère et le salaire réel y est croissant. Il en est ainsi parce que la demande de travail croît avec la richesse. Ce n'est pas la loi, c'est le marché qui protège les ouvriers contre la rapacité de leurs maîtres. Quand la demande de ceux qui vivent de leur travail s'accroît continuellement, le salaire s'élève. En d'autres termes, les salaires du travail dépendent du taux auquel augmente la demande de travail. Ce n'est pas l'ampleur de la richesse nationale mais son augmentation continuelle qui provoque une hausse des salaires. Ce n'est pas dans les pays les plus riches mais dans ceux qui progressent le plus vite que les salaires sont les plus élevés.


Le second est l'excédent du capital par rapport aux dépenses nécessaires pour tenir les patrons occupés à leur travail : il sert à payer les salaires des travailleurs productifs. Plus le fonds des salaires est important, plus grande est la demande de travail. Cette thèse est à l'origine d'une longue controverse. On l'a souvent présentée en soulignant le caractère temporel du processus de production. Pour que les travailleurs vivent jusqu'à la prochaine récolte, il faut que des denrées alimentaires aient été accumulées. Plus important est ce fonds, plus grande sera la demande de travail. Toute hausse du salaire réel entraîne une réduction proportionnelle de l'emploi. Le texte de Smith ne suggère pas nécessairement une telle interprétation. Son idée fondamentale est que plus l'accumulation du capital est rapide, plus la demande de travail s'accroît rapidement. On peut justifier cette proposition par une complémentarité technique entre le travail et les moyens de production.


L'offre de travail est liée à l'évolution de la population qui dépend, elle-même, du revenu. La pauvreté n'empêche pas le mariage ; pire, elle peut être favorable à la procréation. Mais elle a, sur la mortalité infantile, une influence décisive : une augmentation des salaires, en permettant aux travailleurs de satisfaire les besoins de leurs enfants, diminue la mortalité et permet une augmentation de la population. Smith soutient aussi qu'un niveau élevé des salaires est un encouragement pour le travailleur. Une subsistance abondante accroît sa force corporelle et l'espoir d'améliorer sa situation l'incite à travailler plus et mieux.



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09/01/2013


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Français


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