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Introduction à l'Open Source et au logiciel libre

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Publié par : Marketmaker
Livre blanc
___________________________
Introduction à
l’Open Source
et au logiciel libre
Patrice Bertrand – Directeur Général - Smile
Version 1.1
Pour plus d’information :
www.smile.fr
Tél : 01 41 40 11 00
Mailto : sdc@smile.fr

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Introduction à l’Open Source
PRÉAMBULE
Smile
Smile est une société d’ingénieurs experts dans la mise en œuvre de
solutions open source et l’intégration de systèmes appuyés sur l’open
source. Smile est membre de l’APRIL, l’association pour la promotion
et la défense du logiciel libre.
Smile compte 250 collaborateurs (début 2008), ce qui en fait la première
société en France spécialisée dans l’open source.
Depuis 2000, environ, Smile mène une action active de veille
technologique qui lui permet de découvrir les produits les plus
prometteurs de l’open source, de les qualifier et de les évaluer, de
manière à proposer à ses clients les produits les plus aboutis, les plus
robustes et les plus pérennes.
Cette démarche a donné lieu à toute une gamme de livres blancs
couvrant différents domaines d’application. La gestion de contenus
(2004), les portails (2005), la business intelligence (2006), les
frameworks PHP (2007), la virtualisation (2007), et la gestion
électronique de documents (2008), ainsi que les PGIs/ERPs (2008).
Chacun de ces ouvrages présente une sélection des meilleures solutions
open source dans le domaine considéré, leurs qualités respectives, ainsi
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que des retours d’expérience opérationnels.
Au fur et à mesure que des solutions open source solides gagnent de
nouveaux domaines, Smile sera présent pour proposer à ses clients d’en
bénéficier sans risques. Smile apparaît dans le paysage informatique
français comme le prestataire intégrateur de choix pour accompagner
les plus grandes entreprises dans l’adoption des meilleures solutions
open source.
Ces dernières années, Smile a également étendu la gamme des services
proposés. Depuis 2005, un département consulting accompagne nos
clients, tant dans les phases d’avant-projet, en recherche de solutions,
qu’en accompagnement de projet. Depuis 2000, Smile dispose d’un
studio graphique, devenu en 2007 Agence Media Interactive, proposant
outre la création graphique, une expertise e-marketing, éditoriale, et
interfaces riches. Smile dispose aussi d’une agence spécialisée dans la
Tierce Maintenance Applicative, le support et l’exploitation des
applications.
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Introduction à l’Open Source
Enfin, Smile est implanté à Paris, Lyon, Nantes, Bordeaux et
Montpellier.
Quelques références
Intranets - Extranets
Société Générale, Caisse d'Épargne, Bureau Veritas, Commissariat à l'Energie Atomique,
Visual, Vega Finance, Camif, Lynxial, RATP, SPIE, Sonacotra, Faceo, CNRS,
AmecSpie, Château de Versailles, Banque PSA Finance, Groupe Moniteur, CIDJ, CIRAD,
Bureau Veritas, Ministère de l’Environnement, JCDecaux, Ministère du Tourisme,
DIREN PACA, SAS, Institut National de l’Audiovisuel, Cogedim, Ecureuil Gestion,
IRP-Auto, AFNOR, Conseil Régional Ile de France, Verspieren, Zodiac – OSEO, Prolea,
Conseil Général de la Côte d’Or, IPSOS, Bouygues Telecom, Pimkie Diramode,
Prisma Presse, SANEF, INRA, HEC
Internet, Portails et e-Commerce
cadremploi.fr, chocolat.nestle.fr, creditlyonnais.fr, explorimmo.com , meilleurtaux.com,
cogedim.fr, capem.fr, editions-cigale.com, hotels-exclusive.com, souriau.com, pci.fr,
dsv-cea.fr, egide.asso.fr, osmoz.com, spie.fr, nec.fr, sogeposte.fr, nouvelles-frontieres.fr,
metro.fr, stein-heurtey-services.fr, bipm.org, buitoni.fr, aviation-register.com, cci.fr,
schneider-electric.com, calypso.tm.fr, inra.fr, cnil.fr, longchamp.com, aesn.fr,
Dassault Systemes 3ds.com, croix-rouge.fr, worldwatercouncil.org, projectif.fr,
editionsbussiere.com, glamour.com, fratel.org, tiru.fr, faurecia.com, cidil.fr, prolea.fr,
ETS Europe, ecofi.fr, credit-cooperatif.fr, odit-france.fr, pompiersdefrance.org,
watermonitoringaliance.net, bloom.com, meddispar.com, nmmedical.fr, medistore.fr,
Yves Rocher, jcdecaux.com, cg21.fr, Bureau Veritas veristar.com, voyages-sncf.fr,
eurostar.com, AON, OSEO, cea.fr, eaufrance.fr, banquepsafinance.com,
nationalgeographic.fr, idtgv.fr, prismapub.com, Bouygues Construction,
Hachette Filipacchi Media, ELLE.fr, femmeactuelle.fr, AnnoncesJaunes.fr
Applications métier, systèmes documentaires, business intelligence
www.smile.fr Renault, Le Figaro, Sucden, Capri, Libération, Société Générale, Ministère de l’Emploi,
CNOUS, Neopost Industries, ARC, Laboratoires Merck, Egide, Bureau Veritas,
ATEL-Hotels, Exclusive Hotels, Ministère du Tourisme, Groupe Moniteur, Verspieren,
Caisse d’Epargne, AFNOR, Souriau, MTV, Capem, Institut Mutualiste Montsouris,
Dassault Systemes, Gaz de France, CFRT, Zodiac, Croix-Rouge Française,
Centre d’Information de la Jeunesse (CIDJ), Pierre Audoin Consultants, EDF R&D,
Conseil Régional de Picardie, Leroy Merlin, Pierre Audoin Consultants,
Renault F1, l’INRIA, Primagaz, Véolia Propreté,
Union de la Coopération Forestière Française, Ministère Belge de la Communauté Française
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Introduction à l’Open Source
Ce livre blanc
On parle beaucoup de logiciels libres et d’open source, mais en creusant
un peu, il apparaît que nombreux sont ceux, même parmi les
professionnels de l’informatique, qui ont une connaissance et une
compréhension assez superficielles du phénomène.
D’un côté les passionnés, engagés, qui se régalent de la démarche
communautaire, mais ne connaissent pas toujours les aspects
économiques, de l’autre les décideurs du monde de l’entreprise, qui
sont de plus en plus sensibles aux bénéfices des solutions open source,
mais en connaissent mal la philosophie, l’histoire, ou même les
questions de licences.
Ce livre blanc est une introduction au phénomène de l’open source, la
plus grande révolution qui touche l’informatique depuis l’Internet.
Comme on le verra, le mouvement est bien antérieur au web,
néanmoins la puissante perturbation sur l’économie de l’informatique
date de ces dernières années, et ne fait que commencer.
Cet ouvrage a une vocation de vulgarisation, s’efforçant surtout
d’expliquer l’open source à ceux qui n’y sont pas impliqués, mais
commencent à en sentir l’importance, et ont besoin de mieux connaître
le phénomène.
Notons que le monde de l’open source est sujet à diverses
« controverses », qui enflamment les esprits et scindent les
communautés depuis de longues années. À commencer par
l’appellation logiciel libre versus logiciel open source ou encore
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GNU/Linux versus Linux. Même s’il faut les mentionner, nous
passerons rapidement sur ces disputes internes, pour mieux nous
focaliser sur ce qui nous semble être plus fondamental.
 Ce livre blanc est diffusé sous licence Creative Commons « Paternité-
Pas de Modification » 2.01. Il peut être redistribué librement.
Je remercie chaleureusement les personnes qui ont bien voulu me faire
part de leurs remarques, corrections et enrichissements, en particulier
Benoit Jacquemont, Frédéric Couché et Benjamin Jean.
1 http://creativecommons.org/licenses/by-nd/2.0/fr/.
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Introduction à l’Open Source
Table des matières
PRÉAMBULE......................................................................................................2
SMILE.................................................................................................................................. 2
QUELQUES RÉFÉRENCES ............................................................................................................ 3
CE LIVRE BLANC...................................................................................................................... 4
INTRODUCTION.................................................................................................6
TERMINOLOGIE........................................................................................................................ 6
PHILOSOPHIE DE L’OPEN SOURCE.................................................................................................... 7
BIÈRE GRATUITE ?!................................................................................................................... 9
LES BÉNÉFICES DE L’OPEN SOURCE POUR LE CLIENT........................................................................... 10
LE MARCHÉ DE L’OPEN SOURCE.....................................................................15
QUELQUES ÉTUDES................................................................................................................. 15
UNE VAGUE PUISSANTE............................................................................................................. 16
UNE ANALYSE ÉCONOMIQUE........................................................................................................ 17
HISTOIRE
ET GRANDES FIGURES....................................................................................19
LES HACKERS........................................................................................................................ 19
RICHARD M. STALLMAN ET LA FSF............................................................................................. 20
LINUS TORVALDS ................................................................................................................... 20
ERIC S. RAYMOND ET L’OSI..................................................................................................... 21
LES GRANDES DATES DE L’OPEN SOURCE......................................................................................... 22
COPYRIGHT ET LICENCES...............................................................................24
PRINCIPES ÉLÉMENTAIRES.......................................................................................................... 24
LA FAMILLE BSD.................................................................................................................. 27
LA LICENCE GNU GPL........................................................................................................... 28
PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE ET BREVETS........................................................................................ 33
SUPPORT.........................................................................................................35
OPEN SOURCE ET SUPPORT........................................................................................................ 35
SUPPORT COMMUNAUTAIRE ET SUPPORT D’ÉDITEURS............................................................................ 36
www.smile.fr 3 NIVEAUX DE SUPPORT............................................................................................................ 37
COUCHES LOGICIELLES............................................................................................................. 38
BUSINESS MODEL............................................................................................42
LES FONDATIONS.................................................................................................................... 42
LES DISTRIBUTEURS................................................................................................................ 45
LES ÉDITEURS OPEN SOURCE...................................................................................................... 47
LES PRESTATAIRES.................................................................................................................. 57
SYNTHÈSE............................................................................................................................ 59
MODÈLE DE DÉVELOPPEMENT....................................................................... 63
INTRODUCTION....................................................................................................................... 63
ORGANISATION, INSTANCES......................................................................................................... 65
MODÈLE DE DÉVELOPPEMENT..................................................................................................... 66
LES OUTILS.......................................................................................................................... 69
CONCLUSION...................................................................................................72
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Introduction à l’Open Source
INTRODUCTION
Terminologie
Le code source est la version d’un programme qui est lisible et
intelligible pour l’homme. C’est le code source qui est écrit par
l’informaticien, le programmeur, et qui pourra être relu et modifié par
d’autres. Les programmes peuvent ensuite être compilés, ce qui
produit le code objet, ou binaire, ou encore exécutable, qui lui n’est pas
compréhensible.
Un logiciel libre, ou logiciel open source, est un programme dont le code
source est distribué et peut être utilisé, copié, étudié, modifié et
redistribué sans restriction.
Notons qu’il existe des langages informatiques interprétés, tels le PHP,
qui n’existent pas autrement que sous forme de code source. Mais
même lorsque le code source est disponible, il n’est pas toujours
autorisé de le modifier. Ce sont les termes de la licence, concédée par
l’auteur ou le détenteur des droits, qui précisent s’il est permis ou non
de modifier le code, de le réutiliser, de le redistribuer, et sous quelles
conditions.
Logiciel libre est la juste traduction française de free software,
l’appellation lancée par Richard Stallman et défendue par la Free
Software Foundation, la FSF.
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Open source est l’appellation de l’Open Source Initiative, qui édicte sur le
site opensource.org les conditions que doit satisfaire une licence pour
se dire open source.
Le logiciel libre est défini par quatre libertés fondamentales : exécuter le
programme, l’étudier, l’adapter, le redistribuer. Il faut souligner que le
libre accès au code source est simplement rendu nécessaire par ces
libertés fondamentales, et non une fin en soi.
Le logiciel open source se définit par les 10 articles de l’open source
definition, sur laquelle nous reviendrons plus loin.
Les deux appellations sont presque équivalentes, mais correspondent à
des écoles de pensées différentes. Aucune n’acceptant d’être englobée
par l’autre, les américains utilisent parfois le terme de FOSS pour « Free
and Open Source Software », ou encore FLOSS pour « Free/Libre and
Open Source Software ».
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Introduction à l’Open Source
Nous avons estimé qu’utiliser « FLOSS » dans tout le corps de ce livre
blanc serait pesant pour le lecteur, et avons pris le parti d’utiliser le
terme open source. Notons toutefois que FLOSS est le terme officiel
adopté par la commission européenne.
Philosophie de l’open
source
Une liberté fondamentale
Pour Richard Matthew Stallman, le père de la Free Software Foundation
(1985), « RMS » pour les intimes, le logiciel libre est avant tout affaire de
liberté. La liberté que doit avoir chaque individu d’utiliser, modifier, et
redistribuer n’importe quel programme. Une liberté aussi fondamentale
que la liberté d’expression. Et indissociable d’autres valeurs, d’éthique
et de responsabilité sociale.
Dans cette logique, un logiciel non libre, « propriétaire » donc, porte
atteinte à cette liberté fondamentale. Le logiciel libre n’est donc pas une
simple alternative, et encore moins le choix d’un business model parmi
d’autres. Le logiciel propriétaire est « privateur » dans le sens où il
prive de liberté, et il est en ce sens intolérable. Il s’agit bel et bien une
lutte du bien contre le mal.
On pourrait sourire de ce manichéisme, mais lorsque l’on voit
l’extraordinaire patrimoine de logiciels que le mouvement initiée par
Stallman a mis à disposition de tous, on se doit d’être surtout admiratif
et reconnaissant. On ne fait pas une révolution avec des idées molles,
et il fallait l’intransigeance de Stallman, pour créer une vraie rupture, et
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un mouvement de pensée profond, où la liberté va de pair avec des
valeurs de solidarité sociale et d’entraide.
Un modèle de développement
Pour Eric Raymond, il ne s’agit guère d’éthique, ou même de
philosophie, il est question avant tout de démontrer la supériorité des
logiciels réalisés selon un modèle de développement open source
communautaire, et de les faire entrer dans la sphère économique.
Pour Eric Raymond, le dogmatisme de la FSF ne joue pas en faveur du
mouvement, et ce sont des logiciels de qualité supérieure, plus que les
valeurs éthiques, qui imposeront l’open source.
Avec Bruce Perens, il fonde l’Open Source Initiative en 1998, pour
promouvoir l’open source (cf. « Eric S. Raymond et l’OSI », page 21). Le
mouvement « open source » apparaît à certain comme une opération de
marketing en faveur du logiciel libre. Mais pour Richard Stallman, il
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Introduction à l’Open Source
n’est pas permis de jeter au passage les valeurs fondatrices, en
particulier de liberté.
Dix ans plus tard, la cicatrice de cette scission n’est pas refermée entre
logiciel libre et open source, et l’on ne peut choisir une appellation
plutôt qu’une autre sans s’attirer les foudres de l’un des camps. Dans
la pratique, Stallman convient que « les deux termes décrivent
pratiquement la même catégorie de logiciel. Mais ils représentent des
vues basées sur des valeurs fondamentalement différentes. »
Un patrimoine de l’humanité
Enfin, nous proposons ici notre propre vision de l’open source, non pas
tant affaire de liberté, mais de progrès et de patrimoine. Voici le texte
d’une tribune publiée en 2006, et qui présente ce point de vue.
"Nous sommes des nains sur les épaules de géants". C’est dans le
domaine des sciences que l’on entend cette pensée. Et en effet, les
savants d’aujourd’hui ne sont pas plus intelligents que ceux d’hier,
mais ils bénéficient, dès leur formation, de siècles de science accumulée
et c’est sur ce socle immense construit par Newton, Einstein et les
autres, qu’ils apportent leurs petites pierres.
L’informatique n’est pas exactement une science. Mais doit-elle pour
autant tout reconstruire à chaque génération ? Si c’était le cas, elle
serait condamnée à toucher rapidement ses limites. Les informaticiens
d’aujourd’hui sont-ils plus doués que ceux d’hier ? Certainement pas.
Ont-ils appris plus de choses en cours ? Un peu sans doute. Mais cela
ne suffirait pas à s’élancer plus loin.
Car si, en sciences, le patrimoine est entièrement dans le savoir, en
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informatique, il y a deux patrimoines : la connaissance d’une part, le
code source d’autre part. La connaissance progresse lentement et il y a
peu de savoirs fondamentaux pour bâtir, disons, Mac OS X ou bien
Eclipse, qui étaient inconnus il y a 15 ans. Si l’informatique progresse,
c’est plus par le patrimoine de code source que par la connaissance,
c’est-à-dire que l’on peut s’appuyer aujourd’hui sur un immense socle
de code source.
Dans les premiers temps, les informaticiens devaient tout créer,
pratiquement pour chaque programme. Puis, les systèmes d’exploitation
ont amené un premier niveau de socle, qui est devenu plus sophistiqué
au fil des années, et les langages de haut niveau ont amené des
bibliothèques de plus en plus riches.
Sur ce socle élémentaire, nous avons ajouté différents socles de
développement, des frameworks, qui constituent une seconde couche.
Et ce n’est pas tout : nous disposons aussi d’une quantité de
composants de haut niveau, que nous pouvons assembler pour
construire des applications nouvelles. Au total, 90% du code déroulé
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Introduction à l’Open Source
dans ces applications sera issu, soit du système d’exploitation, soit des
frameworks, soit des composants. Et nous n’aurons réellement
développé que les 10% de valeur ajoutée spécifique.
C’est un constat important : l’informatique progresse essentiellement
parce que le socle de code qui constitue notre patrimoine s’agrandit.
Si, dans un effort gigantesque, je réalise un programme nouveau,
représentant disons un million de lignes de code originales, que ce
programme répond à un besoin et qu’il est un succès commercial, c’est
certes une belle aventure, qui m’enrichira peut-être et sera utile à mes
clients.
Mais je n’aurai pas réellement fait progresser l’informatique d’un pouce,
car trois ans après moi, si un autre veut aller plus loin dans cette voie,
pour faire un meilleur programme sans disposer du mien, il lui faudra
repartir d’où j’étais parti, ré-écrire mon premier million de lignes de
code, pour enfin y ajouter 200 000 lignes qui l’amèneront un peu plus
loin. Ne pouvant grimper sur mes épaules, il a les deux pieds dans la
même boue que moi, et n'a d'autre choix que d'être géant lui-même.
C’est la dimension humaniste de l’open source que de considérer que
nous apportons chacun notre pierre, ajoutant à ce patrimoine commun,
qui nous permettra d’aller plus loin. (…) »
Bière gratuite ?!
« Free » voulant dire à la fois « gratuit » et « libre », les tenants du free
software s’évertuent à faire comprendre qu’il s’agit bien de liberté et non
de gratuité, selon la formule « free as in ‘free speech’ and ‘free market’,
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not as in ‘free beer’ ».
En français, nous n’avons pas cette ambiguïté, mais nous avons gardé
la formule « logiciel libre ne signifie pas gratuit ». Et de cette formule,
certains comprennent qu’un logiciel libre peut être payant. Ce n’est
pas strictement faux, mais presque. Expliquons.
Rien en effet, dans les licences open source, n’interdit de faire payer la
distribution du logiciel. Mais celui à qui vous le distribuez sera autorisé
à le dupliquer et le redistribuer gratuitement s’il le souhaite. On voit
qu’il est bien difficile de vendre quelque chose que d’autres peuvent
donner !
Donc dans la pratique, il faut retenir que un logiciel open source est bel
et bien gratuit, d’acquisition comme d’utilisation, du point de vue de sa
licence.
Comme nous le verrons, cela n’empêche pas qu’il soit accompagné
d’une offre de services payants : intégration, support, formations,
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Introduction à l’Open Source
développements complémentaires, voire même assurance juridique. De
sorte que son « coût total de possession » est rarement nul, même s’il est
presque toujours inférieur à celui d’une solution propriétaire
équivalente.
Les bénéfices de l’open
source pour le client
Pas seulement moins cher…
Bien sûr, les bénéfices économiques sont parmi les premières raisons
dans le choix de solutions open source. Même si « libre ne signifie pas
gratuit », ces solutions ont toujours un coût de possession sensiblement
moins élevé que leurs équivalents propriétaires.
D’autant que les prix de prestations tendent aussi à être moins élevés,
car l’ouverture du produit facilite la diffusion de la connaissance.
Mais au fur et à mesure que ces solutions arrivent à maturité, le
moindre coût n’est plus le premier critère de choix.
Les principaux arguments sont alors :

La non-dépendance, ou moindre dépendance, par rapport à un
éditeur. On sait que changer d’outil peut coûter très cher, et les
éditeurs peuvent être tentés de profiter de la vache à lait que
constituent ces clients devenus captifs. En anglais, on parle de
vendor lock-in, le verrouillage par le fournisseur.
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L’ouverture est également un argument de poids. Les solutions
open source sont en général plus respectueuses des standards, et
plus ouvertes vers l’ajout de modules d’extension.

La pérennité est un autre critère de choix fort.

Et la qualité finalement, car dans beaucoup de domaines les
solutions open source sont réellement, objectivement, supérieures.
Le très grand nombre de déploiements et donc de retours
d’expérience, mais aussi leur modèle de développement et leur
intégration de composants de haut niveau, permet à beaucoup de
surclasser les produits propriétaires souvent vieillissants.
A quoi on peut ajouter le plaisir, pour les informaticiens, d’utiliser des
programmes dont ils peuvent acquérir une totale maîtrise, sans barrière
ni technique ni juridique.
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Introduction à l’Open Source
La pérennité
En matière de pérennité, les solutions open source n’ont pas une
garantie d’éternelle jouvence. Elles peuvent mourir, aussi, mais de
mort lente !
Le pire qu’il puisse arriver pour une solution open source est une
désaffection progressive de la part des communautés, généralement au
profit d’une solution plus prometteuse. Ainsi, il est possible qu’il faille
un jour changer de produit. Mais du moins le phénomène est toujours
lent, et le client a le temps d’organiser la migration.
Il faut souligner aussi que, même si l’éditeur original était un jour
défaillant, il resterait toujours possible pour une communauté de
reprendre en main le produit et ses évolutions, c’est le principe des
licences open source.
Le notoriété, l’envergure des déploiements, la dynamique du
développement et de la communauté, ces critères de pérennité sont
relativement facile à évaluer, et une solution open source leader offre
une garantie de pérennité supérieure à la majorité des solutions
propriétaires.
L’ouverture
Un mot également sur la question de l’ouverture. La possibilité de faire
des modifications dans les sources est fondamentale sur le plan
théorique, mais souvent risquée sur le plan pratique (cf. « Maîtriser les
sources : un droit, non un devoir », page 13). Ce n’est donc pas en ces
termes qu’il faut apprécier l’ouverture, mais plutôt dans la capacité à
accepter des extensions, ou à s’interfacer à d’autres applications.
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Sur le fond, il faut comprendre qu’un éditeur à vocation commerciale
n’a pas que des intérêts convergents avec ceux de ses clients. Certes, il
évolue dans un marché concurrentiel, et son produit doit être au niveau
de ses concurrents. Mais une fois sa position bien assise, l’éditeur
peut faire l’analyse que :

Son produit doit être performant, mais pas trop, car s’il faut plus
de serveurs, ce sera davantage de licences vendues.

Son produit doit être robuste, mais pas trop, car il faut continuer à
vendre du support.

Son produit doit être ouvert, mais pas trop, pour garder la maîtrise
du client.
Nous ne disons pas que les éditeurs propriétaires seraient
machiavéliques au point de dégrader ces qualités dans leur produit,
nous disons seulement que la priorité stratégique n’est pas
nécessairement mise sur ces qualités.
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Introduction à l’Open Source
En matière d’ouverture, enfin, il faut souligner que le logiciel
propriétaire n’est pas la seule manière d’enfermer un client. Les
formats de documents sont aussi une arme puissante pour parvenir au
verrouillage du client. Ces dernières années, on a pu voir une forte
prise de conscience de l’importance des formats ouverts, c’est-à-dire à la
fois documentés, et d’utilisation libre. Ils sont à la fois la condition de
l’indépendance, mais aussi de la pérennité des documents, et de
l’interopérabilité des applications partageant ces documents2.
La sécurité
Le domaine de la sécurité mérite une mention spéciale. Car en matière
de sécurité, l’accès aux sources est quasiment une obligation. On ne
concevrait pas que l’armée française utilise pour ses communications
un VPN reçu sous forme d’exécutable d’un éditeur américain ou chinois.
En matière de sécurité, il est absolument obligatoire de pouvoir auditer
ce qu’un programme fait vraiment, et cela ne peut se faire qu’en
analysant ses sources.
Pour autant, cela n’implique pas que le programme soit open source.
Certains éditeurs non open source acceptent de livrer les sources à
leurs clients, après signature d’un accord de non divulgation.
Mais il est un autre argument qui rend l’open source indispensable ici :
le peer review, la validation des pairs, c’est à dire d’autres experts, et du
plus grand nombre possible d’autres experts.
Faisons un petit parallèle. Dans ses débuts, la cryptographie utilisait
majoritairement des algorithmes secrets. On considérait alors que la
protection de l’algorithme contribuait à la sécurité. Dans l’après-
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guerre, une révolution s’est amorcée : on a finalement conclu qu’un
algorithme secret, dont la qualité n’est affirmée que par la petite équipe
qui l’a créé, avait de fortes chances d’être défaillant, si ce n’est
aujourd’hui alors sans doutes dans quelques années. Et a contrario,
les algorithmes qui sont exposés sur la place publique, sont analysés
par des centaines d’experts dans le monde. S’ils ont une faille, elle est
rapidement identifiée et connue. On peut donc en dire autant des
programmes qui exécutent ces algorithmes : le meilleur moyen d’être
assuré de leur perfection est de les exposer à l’audit de milliers
d’experts.
Enfin ajoutons un dernier argument : en matière de sécurité, on préfère
généralement les vieux algorithmes, qui ont fait leurs preuves, et on se
méfie des dernières innovations. L’algorithme RSA date de 1977 ! Il
est naturel que depuis ce temps, les programmes qui implémentent ces
algorithmes soient parvenus dans le patrimoine commun, sinon dans le
domaine public.
2Pour en savoir plus: http://blog.smile.fr/documents-ouverts-un-pont-entre-bureautique-et-gestion-de-
contenus
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Introduction à l’Open Source
Il est donc naturel que le portail du gouvernement consacré à la
sécurité informatique3 accorde une place importante au logiciel libre.
Maîtriser les sources : un droit, non un devoir
Il faut souligner, car c’est souvent mal compris, qu’il n’est nullement
nécessaire de maîtriser les sources d’un produit open source, pour le
déployer, l’utiliser et en tirer bénéfice. Ni de les maîtriser, ni de les
regarder, ni même de les télécharger.
Il y a quelques années encore, certains produits open source
s’attachaient à ne diffuser que les sources, obligeant l’utilisateur à
recompiler et générer son programme. Cette démarche un peu
extrémiste est aujourd’hui abandonnée car elle nuit à la diffusion de
l’open source.
Prendre connaissance des sources est un droit et non un devoir.
De même, modifier les sources est un droit fondamental, mais dans
beaucoup de cas c’est une chose qui n’est pas recommandée. Cela
pour plusieurs raisons :

Il y a un risque important de fragiliser le produit, parce que votre
code sera moins bien testé que le reste, et que vous l’aurez écrit
avec une moindre maîtrise de l’ensemble.

Sur des produits d’envergure, apporter des modifications demande
un grand investissement, une grande implication, et donc un
budget sérieux.

Votre version modifiée est donc un fork, une version alternative, du
www.smile.fr
produit. Elle ne bénéficiera pas, ou plus difficilement, du support
tant éditeur que communautaire, et il faudra réintroduire vos
modifications dans les nouvelles versions pour pouvoir en
bénéficier.
Dans une majorité de cas, ces raisons l’emportent. Pourtant, si elles
devaient bloquer toute forme de contribution, la vitalité de l’open source
serait compromise.
Ce qu’il faut, c’est que chacun, développeur indépendant ou
organisation, mesure l’investissement qu’il peut faire sur un projet, s’y
implique en échangeant abondamment avec les autres développeurs du
projet, et effectue ses modifications non pas dans son coin, mais dans le
référentiel commun.
C’est à dire qu’il est tout à fait souhaitable d’enrichir le produit au sein
de la communauté ou en liaison avec l’éditeur, mais qu’il n’est en
général pas souhaitable de le faire autrement.
3 http://www.securite-informatique.gouv.fr/
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Introduction à l’Open Source
Pseudo open-source
En théorie, il suffit de proposer ses sources sous une licence agréée
pour se revendiquer logiciel open source. Pour les utilisateurs
toutefois, il faut se défier des produits pseudo-open-source.
Il arrive couramment que des éditeurs de solutions propriétaires en
échec sur le marché, particulièrement face à la montée en puissance de
solutions concurrentes open source, prennent un ultime revirement
stratégique avant de disparaître, en déclarant que leur produit devient
open source. Ils diffusent les sources avec plus ou moins de bonne
volonté, et envoient leurs commerciaux clamer sur le marché qu’ils sont
désormais aussi ouverts que leurs concurrents open source. Mais le
cœur n’y est pas, et ils ont la ferme résolution de ne laisser personne
prendre la maîtrise de leur code, et de garder la mainmise sur la totalité
des déploiements.
Pour les clients, ces solutions sont la pire des voies car ils n’auront au
bout du compte aucun des bénéfices de l’open source, et en particulier
subiront le même verrouillage, le vendor lock-in, qu’avec une solution
propriétaire. Mais plus grave que ça : l’expérience montre que ces
solutions disparaissent presque toujours dans l’année qui suit.
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Introduction à l’Open Source
LE MARCHÉ DE L’OPEN SOURCE
Quelques études
Tous les analystes, tant en France qu’aux États-Unis, s’accordent à
percevoir l’extraordinaire percée des solutions open source dans la
sphère économique ces dernières années, et à la prolonger sur les
années à venir.
En 2006, une étude du Gartner Group faisait les prévisions suivantes :

En 2008, les solutions open source seront en compétition directe
avec les solutions propriétaires dans tous les marchés de solutions
d’infrastructure.

En 2010, 75% des principales DSI auront une stratégie formalisée
d’acquisition et de gestion de solutions open source

En 2010, les principales DSI envisageront les solutions open
source pour 80% de leur dépenses en logiciel d’infrastructure.

En 2010, l’open source fera partie des applications critiques dans
75% des 2000 plus grandes entreprises ‘globales’.
En France, le Syntec estime pour sa part, dans une étude de Juin 2007,
que le marché des logiciels et services open source représente 450 M€
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sur un marché total des logiciels et services de plus de 30 Md€, soit une
part de marché de 1,4%. Ce marché devrait croître de 50% par an, sur
un marché en croissance de 6,5%, ce qui amène la part de marché du
logiciel open source à doubler en deux ans. Le Syntec estime que la
tendance sera à la mise en place de systèmes d’information mêlant open
source et propriétaire sans préjugés.
Selon une étude 2007 de Pierre Audoin Consultants, le marché de
l’open source en France a progressé de 80% en 2006, après 79% en
2005. En France, le secteur public tient une place particulière, et
l’étude Markess, de juin 2007, estime que le secteur public consacre en
moyenne 11% de ses budgets informatiques aux technologies libres,
contre 7% en 2006, et 14% en 2009. Les raisons invoquées par les
décideurs sont autant les contraintes budgétaires que le besoin
d’indépendance et d’interopérabilité.
La France apparaît comme un précurseur dans ce domaine, mais de son
coté IDC estime que le marché mondial de l’open source passera de 2
Md$ à 6 Md$ en 2011.
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Introduction à l’Open Source
Enfin, citons également l’étude américaine de Saugatuck Technologies,
qui évalue à 10% la part des logiciels utilisés en entreprise aux U.S. qui
sont des logiciels open source, et estime qu’elle passera à 15-20% d’ici à
2010.
Mais au delà des parts de marché, tous les analystes s’accordent à
penser que la pénétration de l’open source dans un nombre croissant de
domaines est un des facteurs les plus importants de réduction des
coûts informatiques dans les années à venir.
Une vague puissante
Comme on le verra plus loin, l’open source est loin d’être un phénomène
nouveau. Dans certains domaines, cette ancienneté fait partie de ses
atouts : les logiciels open source se sont bonifiés avec les années, sont
devenus toujours plus robustes et ont vu asseoir également leur part de
marché, en particulier dans les couches d’infrastructure et les outils de
développement.
Mais ces dernières années ont vu une sensible accélération de deux
phénomènes plus nouveaux.
Le premier est que les entreprises, y compris les plus grandes d’entre
elles, n’ont plus aucune réticence vis à vis de l’open source. Les
grandes DSI et les Directions des Achats ont compris qu’elles pouvaient
y trouver à la fois des produits particulièrement solides et de vrais
bénéfices économiques. On constate que de plus en plus d’appels
d’offres mentionnent, et parfois exigent, des solutions open source.
Le second est l’apparition d’acteurs nouveaux, les éditeurs de solutions
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open source commerciales. A la manière des compagnies aériennes
low-cost, ces nouveaux entrants s’appuient sur un business model
différent pour apporter une dynamique nouvelle dans un paysage
informatique souvent sclérosé. Base de données, gestion de contenus,
CRM, ERP, Décisionnel, … dans un nombre toujours croissant de
domaines, ces acteurs nouveaux révolutionnent le marché avec un
rapport service/prix inégalé.
La rencontre des entreprises ouvertes à l’open source, et de ces
solutions toujours plus riches, est rendue possible par des prestataires
informatiques spécialisés, qui investissent dans la construction d’une
forte expertise, et sont capables d’offrir un support de qualité.
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Introduction à l’Open Source
Une analyse économique
Il nous semble intéressant de citer ici une analyse de Tim O’Reilly,
l’éditeur de la collection du même nom, et l’un des penseurs de l’open
source.
Dans un article de 20034, il revient sur la rupture provoquée par la
banalisation du matériel, entamée en 1981, lorsque IBM crée un
marché du PC compatible en ouvrant son architecture. Il utilise le
terme de « commoditization », qui fait référence aux « commodities », les
biens ordinaires tels que le blé ou le pétrole, des biens dont le prix peut
fluctuer, mais où il n’y a plus guère de valeur ajoutée spécifique, qui
sont interchangeables, banalisés.
La banalisation du matériel va donner naissance à une immense
industrie du logiciel, dominée par Microsoft. Et donner naissance
également à Dell, qui comprendra le premier que le matériel est devenu
une simple denrée industrielle.
Vingt ans plus tard, l’open source apporte une rupture comparable, un
changement de paradigme, la banalisation du logiciel, voire sa
démonétisation. Système d’exploitation, serveurs, bases de données,
ces composants logiciels ont perdu l’essentiel de la valeur marchande
qu’ils portaient.
Et cette banalisation a donné naissance à une nouvelle industrie, dont
les tenants sont Google, Amazon, eBay, ou Facebook. Les nouveaux
géants du web, qui utilisent des centaines de milliers de serveurs, ont
besoin de logiciels démonétisés.
Certains ont dénoncé une destruction de valeur, lorsque les éditeurs
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traditionnels perdent des parts de marché face à la concurrence de
solutions open source, ou bien sont contraints de baisser leurs prix de
manière drastique. Mais c’est le propre de tout progrès, quel que soit
le domaine, que d’apporter une telle perturbation. Au final, le moindre
coût des programmes apporte un gain de productivité pour toutes les
industries qui consomment du logiciel, et donc un gain de niveau de vie
pour chacun.
Aux États-Unis, des personnes en apparence intelligentes comme Steve
Ballmer ont comparé l’open source au communisme, injure suprême !
D’une certaine manière, on pourrait dire : c’est tout le contraire, l’open
source est un pur produit du capitalisme. L’une des lois du
capitalisme n’est-elle pas que dès lors qu’un acteur tire un profit
exagéré de sa position sur le marché, il apparaît des acteurs
concurrents pour ramener un niveau de profit raisonnable ? Mais
4
http://www.oreillynet.com/pub/a/oreilly/tim/articles/paradigmshift_0504.html, Tim O’Reilly
s’appuie également sur une analyse antérieure de Ian Murdock : http://ianmurdock.com/open-source-
and-the-commoditization-of-software/
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Introduction à l’Open Source
depuis longtemps déjà cette loi élémentaire de la concurrence ne
semblait plus pouvoir jouer dans l’édition logicielle. C’est finalement
l’open source qui ramènera un niveau de profit raisonnable dans
l’industrie du logiciel. Si 100 millions de personnes sur terre ont besoin
d’une suite bureautique, alors il suffit qu’ils dépensent chacun 0,1 €
par an pour financer un effort de développement satisfaisant. D’une
manière indirecte, c’est ce juste prix qu’apporte l’open source.
Pour autant, il existe aussi des domaines où la banalisation n’est pas à
l’ordre du jour, et où au contraire c’est l’open source qui apporte une
nouvelle dynamique de progrès dans des marchés sclérosés. Mais
toujours en réhabilitant la concurrence, et donc l’innovation, ainsi que
le retour à un juste prix de marché.
D’une manière générale, avec l’open source c’est l’expertise, c’est à dire
la connaissance qui prend toute sa valeur, au détriment de la simple
propriété ou antériorité. La monétisation de la connaissance est
simplement proportionnelle à la rareté de l’expertise au regard de la
demande, selon des lois de marché ordinaires.
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Introduction à l’Open Source
HISTOIRE
ET GRANDES FIGURES
Les hackers
D’une certaine manière, l’open source est aussi ancien que
l’informatique, il est important de le souligner.
Lorsque, dans les années 60, les premiers ordinateurs arrivent dans les
universités, l’accès libre aux programmes est la norme. Lorsqu’un
universitaire trouve une nouvelle molécule, il montre le procédé à ses
collègues, lorsqu’il écrit un programme intéressant, il le montre à ses
collègues. C’est la démarche normale du progrès scientifique.
Les années 60 et 70 sont sous le signe des hackers, le plus souvent des
étudiants brillants, des meilleures universités américaines, qui se
jettent avec passion dans les premiers balbutiements de l’informatique.
Ils passent des nuits sur leurs programmes, attendant de pouvoir
accéder quelques heures à un peu de temps-machine, qui est une
denrée rare. Ils partagent leurs astuces et leurs programmes, au sein
de différents clubs.
En 1962, Spacewar, un programme réalisé au MIT, est parfois cité
comme le premier projet open source, en même temps que le premier
jeu vidéo. Créé par une petite équipe, il s’enrichit ensuite pendant
plusieurs années, grâce aux multiples contributions rendues possibles
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par le libre accès au code source.
Le terme hacker de cette époque n’a pas la connotation sulfureuse
d’aujourd’hui : un hacker est alors un programmeur à la fois passionné
et surdoué. Pas très éloignés des nerds, « polards » en français, ce sont
eux qui posent les fondations de l’informatique moderne et beaucoup
créeront les entreprises leaders d’aujourd’hui.
Les hackers ont une philosophie, la hacker ethic, qui prône le libre accès
aux ordinateurs et aux programmes, et d’une manière plus large la
gratuité de l’information. Ils sont globalement méfiants de l’autorité –
en phase avec les mouvements étudiants des années 60 – mais surtout,
ils sont convaincus qu’il y a de la beauté, de l’art, dans un programme,
et que l’informatique peut amener un monde meilleur.
C’est dans les années 70 que la pratique de ne pas diffuser les codes
source des programmes s’est répandue, et que le business model de
l’éditeur de logiciel propriétaire est apparu.
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Introduction à l’Open Source
On pourrait retenir comme date marquante de la scission entre le
logiciel libre et le logiciel propriétaire la réunion du Homebrew Computer
Club, en 1976. Lors de cette réunion, Bill Gates et Paul Allen
présentent un programme interpréteur de langage Basic, qu’ils ont écrit
pour le Altair 100, un des premiers ordinateurs à microprocesseur. Les
membres du club prennent la bande perforée représentant le
programme, la dupliquent et la diffusent. Bill Gates, furieux, écrira
une lettre devenue fameuse, intitulée Lettre Ouverte aux Hobbyist5, dans
laquelle il explique que le travail des développeurs doit pouvoir être
justement rémunéré, et que s’il ne l’est pas, c’est l’innovation qui sera
étouffée. Le raisonnement est juste, et pourtant l’avenir montrera qu’il
est également possible de réaliser de grands programmes en open
source.
Richard M. Stallman et
la FSF
On peut considérer Richard Matthew Stallman comme le père fondateur
du logiciel libre en tant que courant de pensée, et il est décrit parfois
comme le dernier des vrais hackers. Dès 1983, il souhaite un système
d’exploitation et des outils libres d’utilisation, en lançant le projet GNU,
qui vise à créer le premier système d’exploitation libre, inspiré de Unix.
En 1990, le projet est bien avancé, avec en particulier un excellent
compilateur C (GCC), un éditeur réputé (Emacs), et une grande panoplie
d’utilitaires. Mais le noyau (GNU Hurd) est à peine commencé lorsque
Linus Torvalds sort son noyau Linux.
En 1985, Stallman fonde la Free Software Foundation (FSF), qui est à la
fois l’entité en charge du projet GNU, un lieu de réflexion et un vecteur
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de promotion et de défense du logiciel libre. La FSF a créé la licence
GNU GPL, et son évolution récente en v3 (cf. « La licence GNU GPL »,
page 28).
Richard Stallman est une personnalité atypique, penseur et activiste, en
même temps que hacker. Il continue de sillonner le monde
aujourd’hui, pour faire la promotion du logiciel libre, et ne permet pas
que l’on oublie les valeurs fondatrices du mouvement.
Linus Torvalds
En 1991, Linus Torvalds, étudiant finlandais âgé de 21 ans, travaille à
développer un noyau de système d’exploitation. Il s’inspire en partie de
Minix, un noyau expérimental qui accompagne le livre de Andrew
Tanenbaum, ouvrage de référence depuis 1987 : « Operating Systems :
design and implementation ». En quelques mois de travail, il sort la
5 http://en.wikipedia.org/wiki/Open_Letter_to_Hobbyists
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Introduction à l’Open Source
version 0.01. Fin 1991, Linux passe sous licence GPL, ce qui contribue
à lancer une forte dynamique de développement communautaire, qui
conduira à la version 1.0 de Linux en 1994.
Linus Torvalds est plus un architecte et développeur qu’un penseur ou
un militant de l’open source ; il est respecté par tous, mais prend
rarement part aux débats enflammés qui secouent les communautés.
Aujourd’hui encore, c’est lui qui arbitre les orientations importantes du
noyau Linux.
Soulignons que le système d’exploitation est constitué du noyau et d’un
grand nombre de composants utilitaires sans lesquels on ne saurait
utiliser le noyau. Une majorité des composants entourant le noyau
Linux étant issus du projet GNU, Richard Stallman estime qu’il convient
de toujours appeler le système GNU/Linux, en reconnaissance des
apports du projet GNU.
Eric S. Raymond et l’OSI
Eric S. Raymond est l’un des avocats célèbres de l’open source, dans la
fin des années 90. Il a écrit différents ouvrages dont ‘La Cathédrale et le
Bazar’, un des textes fondateurs du mouvement6.
Il défend principalement la supériorité du modèle de développement,
donc de la qualité des applications, davantage que les questions
morales et humanistes.
Contrairement à Stallman, Raymond n’est pas lui-même un hacker de
haut vol, il est davantage un penseur de l’open source. Il s’est opposé à
Stallman dans différents articles, estimant que les positions intégristes
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de ce dernier pouvaient desservir le mouvement.
Eric Raymond est l’un des fondateurs de l’Open Source Initiative (OSI),
qu’il crée en 1998, l’année où la mise en open source du navigateur
Mozilla marquera une victoire symbolique du mouvement. Encore
aujourd’hui, l’OSI est un peu le gardien du temple de l’open source au
travers de son site opensource.org, qui porte la définition officielle d’une
licence open source, publiée sur le site, et qui fait consensus.
Le site opensource.org publie également un recensement des licences
open source agréées, une soixantaine de licences.
6 http://catb.org/~esr/writings/cathedral-bazaar/cathedral-bazaar/
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Introduction à l’Open Source
Les grandes dates de
l’open source
60-70

Les années hacker – voir plus haut
1983

Année du “GNU Manifesto” de Richard Stallman.
1984

Début du développement du projet GNU, premier système
d’exploitation libre ; le noyau Hurd ne sera démarré qu’en
1990.
1985

La Free Software Foundation

Distribution de la couche graphique X Window en open
source par le MIT
1989

Création de la licence GNU GPL
1991

Linus Torvalds diffuse la première version de Linux
1993

Création de la distribution Linux Debian

FreeBSD 1.0
1994

Première distribution RedHat
1995

Première version du serveur Apache Httpd
1997

« La Cathédrale et le Bazar » de Eric S. Raymond
1998

Netscape livre Mozilla en open source

Debian 2.0
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IBM choisit le serveur Http Apache pour son offre web

Les « Halloween Documents » notes internes de Microsoft
sont mis sur la place publique (cf « Halloween
document », page 63)
1998

Première version de Typo3
1999

Introduction en bourse de Redhat
2000

SUN ouvre la suite Open Office en open source.

Première version de eZ Publish

Smile déploie Cofax, CMS open source pour le CEA et Egide.
2001

Introduction en bourse de Mandriva
2003

SCO, avec l’aide de Microsoft, attaque IBM et quelques
autres, invoquant des droits sur Linux.
2005

Création de Alfresco, éditeur open source d’une solution de
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Introduction à l’Open Source
GED
2006

Redhat acquiert JBoss, pour 350 millions de dollars.

SUN annonce le passage de Java sous GPL
2007

L’Assemblé Nationale Française adopte Linux pour les
postes de travail des députés.
2008

Smile compte 250 collaborateurs dédiés à l’open source,
s’affirmant comme premier intégrateur spécialisé.

SUN rachète MySql pour 1 milliard de dollars.
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Introduction à l’Open Source
COPYRIGHT ET LICENCES
Principes élémentaires
Les programmes open source ne sont pas des programmes sans
licences. C’est au contraire leur licence qui les fait open source. Ils ne
sont pas non plus dans le domaine public, c’est à dire n’appartenant à
personne en particulier, ou du moins exempts de droits patrimoniaux.
Lorsqu’un développeur écrit un programme, il en détient les droits
d’auteur, le copyright. Dans certains cas, ce peut être l’entreprise qui
l’emploie qui en détient les droits. Et ce copyright peut être vendu,
comme bien immatériel, d’une entreprise à une autre.
Le détenteur du copyright est libre de définir l’utilisation qui peut être
faite de son programme :

Il peut le garder pour lui, en interdire l’utilisation à qui que ce soit.

Il peut vendre ses droits à un tiers, personne physique ou morale.

Il peut utiliser son droit d’auteur pour préciser les conditions qu’il
pose à l’utilisation de son programme. Il écrit ces conditions dans
les termes de la licence d’utilisation.
A noter qu’en droit français, il n’est pas aisé d’abandonner ses droits et
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de mettre son programme dans le domaine public de manière
irréversible.
Il faut bien expliquer aussi que ce n’est pas la diffusion des sources qui
fait qu’un programme est open source, c’est le droit, inscrit dans la
licence, de les utiliser, de les modifier et de les redistribuer librement.
Il est donc important de bien assimiler la logique suivante : à la base
de l’open source il y a la licence, et la licence n’existe qu’à partir du droit
d’auteur.
Ainsi tous les logiciels open source ont un propriétaire, ils ne sont pas
« à personne ». Dans certains cas, ce propriétaire peut être une
fondation à but non lucratif, ou bien ce peut être une entreprise
commerciale ordinaire. Il peut s'agir aussi de plusieurs coauteurs, en
particulier à la suite de contributions ultérieures.
Le détenteur des droits est libre de fixer les conditions de licences, il est
libre d’en changer même, et il est libre d’y faire des aménagements ou
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Introduction à l’Open Source
exceptions, ou de diffuser à certains selon une licence, à d’autres selon
une autre licence.
Celui qui reçoit le programme, en revanche, n’est pas libre. Il est lié par
les termes de la licence. Certes il n’a pas signé de contrat, mais la
licence lui a été bien énoncée, et elle stipule qu’il n’a le droit d’utiliser le
programme que sous telles et telles conditions. S’il refuse ces
conditions, il n’a pas le droit d’utiliser le programme.
Mentions élémentaires des licences
Toutes les licences open source ont en commun quelques clauses de
bon sens :

L’identification claire du propriétaire du copyright, y compris au
travers des copies ou travaux dérivés.

L’obligation de conserver la notice de licence en l’état, sur le
programme et les travaux dérivés. C’est bien sûr une nécessité
technique : inutile de définir des termes de licence s’ils sont
évacués dès la première copie.

La protection de l’auteur vis à vis des utilisateurs de son
programme, ses éventuels défauts et les conséquences de ces
défauts : « ce programme est fourni ‘en l’état’ (« as is »)… ». C’est
bien le moins qui puisse être exigé : l’auteur vous laisse utiliser
librement son travail, vous n’allez pas quand même lui réclamer
des dommages et intérêts.
A noter que dans certains pays, la distribution payante d’un programme
entraîne des droits inaliénables. D’une manière générale, la licence ne
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peut être contraire au droit national. C’est pourquoi elle dit “Si vous ne
pouvez pas distribuer le programme en satisfaisant à la fois vos
obligations liées à licence et d’autres obligations applicables, alors vous
ne pouvez pas distribuer le programme du tout ».
C’est à dire que soit l’on peut respecter les lois nationales et la licence à
la fois, soit on est dans l’interdiction de distribuer le programme sous
ladite licence.
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Introduction à l’Open Source
Définition d’un logiciel libre
Comme évoqué plus haut, le logiciel libre se définit par le respect de
quatre libertés fondamentales :

exécuter le programme,

étudier le programme et l’adapter selon son besoin (ce qui implique
bien sûr l’accès au code source),

redistribuer le programme pour aider son prochain,

et enfin améliorer le programme et distribuer ces améliorations au
public (ce qui de même implique le libre l’accès aux sources).
Comme on l’a évoqué déjà, la finalité première est la liberté, l’accès au
source n’est qu’un pré requis pour respecter cette liberté.
Définition d’une licence open source
L’OSI, Open Source Initiative, a édicté une définition précise de ce que
signifie open source, une définition qui est aujourd’hui reconnue de
manière à peu près universelle.
Avoir une définition officielle précise est très important, une licence ne
doit pas pouvoir être plus ou moins open source : elle l’est ou ne l’est
pas, les choses doivent être claires.
Et le site de l’OSI, opensource.org, indique aussi quelles sont les
principales licences qui se conforment à cette définition. On y retrouve
bien entendu les licences bien connues, à commencer par la GPL.
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La définition comporte dix points, dont les trois premiers sont les
principaux :
1. Libre redistribution : la licence ne doit pas interdire à qui que ce
soit de vendre ou donner le programme.
2. Code source : la licence doit permettre la distribution sous forme
de code source, et si le code source n’accompagne pas le
programme il doit être disponible de manière facile et pratiquement
gratuite.
3. Travaux dérivés : la licence doit permettre des modifications et des
travaux dérivés, et doit permettre que ces travaux soient distribués
sous les mêmes termes de licence.
Revenons sur ce point 3 : la licence doit au minimum permettre de
redistribuer les travaux dérivés sous la même licence. Elle ne doit pas
nécessairement l’obliger. On verra que cette nuance est à la base de la
distinction entre la famille BSD et la famille GNU.
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Introduction à l’Open Source
Parmi les autres articles de cette définition figurent différentes clauses
de non-discrimination : la licence ne doit pas exclure tel groupe
d’utilisateurs, ni tel domaine d’application, ni tel environnement
technique. Par exemple, l’auteur du programme ne peut pas, en
pacifiste militant, préciser que son programme ne doit pas être utilisé
pour guider des missiles. Du moins s’il ajoute cette clause la licence
ne sera plus open source.
Licences GNU et BSD
Il y a deux grandes familles de licences open source : la famille BSD et
la famille GNU. On parle parfois de licences copyleft pour les secondes
et de licences non copyleft pour les premières. « Copyleft » est bien sûr
un jeu de mot en référence au « copyright », jeu de mot traduit parfois
par « gauche d’auteur », vs. « droit d’auteur ». Mais pour autant copyleft
n’est pas un abandon de droit.
Pour qu’il n’y ait pas de confusion, précisons que si le mouvement du
logiciel libre préfère les licences copyleft, à commencer par la GPL, il n’y
a pas correspondance entre logiciel libre et copyleft : les licences BSD
sont aussi du logiciel libre.
La famille BSD
La licence BSD (Berkeley Software Distribution) autorise n’importe
quelle utilisation du programme, de son code source et de travaux
dérivés. Le code sous licence BSD peut en particulier être utilisé
intégré à des logiciels sous licence non open source. On sait que
Microsoft a repris du code TCP-IP sous licence BSD dans Windows, et
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que MacOSX est basé sur FreeBSD.
La seule contrainte spécifique est l’interdiction de chercher à tirer
avantage de la dénomination de l’auteur, ici l’Université de Berkeley.
C’est donc la licence la plus libérale, qui entraîne le moins de
contraintes : les programmes sous licence BSD sont quasiment dans le
domaine public. C’est aussi peut-être la plus ancienne, puisqu’elle
remonte à 1980. Il n’est pas interdit de modifier le texte de la licence,
de sorte que l’on rencontre une multitude de versions dérivées, à
quelques mots près. C’est un handicap pour la clarté et la lisibilité de
la licence.
Dans la famille BSD, on trouve aussi la licence MIT, et la licence
Apache. Cette dernière est d’une grande importance puisque utilisée
déjà par la cinquantaine de projets de la fondation Apache. On peut
citer également les licences Mozilla (MPL) et SUN (CDDL). Les
différences entre ces différentes licences sont de l’ordre du détail.
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Introduction à l’Open Source
La licence GNU GPL
La licence GNU GPL
La licence GNU GPL est utilisée par 70% des programmes open source.
Mais ce pourcentage en nombre n’est pas le plus important puisque
certains logiciels phares de l’open source sont sous d’autres licences.
La licence GNU GPL, « GNU General Public Licence », se caractérise
principalement par son article 2, qui énonce le droit de modifier le
programme et de redistribuer ces modifications, qui constituent des
œuvres dérivées, à la condition que ce soit sous la même licence GPL.
C’est ce que certains appellent le caractère viral de la licence : elle se
communique aux travaux dérivés. Mais il est plus correct de parler de
réciprocité, ou de donnant-donnant.
Bien sûr, toute la question est alors de savoir qu’est-ce exactement
qu’une œuvre dérivée et qu’entend-on par distribuer ? Il existe une vaste
littérature sur le sujet, et pourtant les zones d’ombre subsistent.
Certains estiment même qu’il n’est pas mauvais de laisser quelques
doutes.
Voyons déjà ce qui est clair.
Que signifie « Œuvre dérivée » ?
À coup sûr, si vous prenez un morceau de code source du programme
A, que vous modifiez des lignes ou ajoutez des lignes pour obtenir un
programme B, c’est une œuvre dérivée.
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De manière certaine également, si vous appelez des fonctions du
programme A depuis un programme B, en liant les deux programmes
(« link »), alors ici aussi, le programme B est une œuvre dérivée. Cette
liaison entre les programmes peut être statique ou bien dynamique,
c’est à dire résolue à l’exécution seulement. Il existe un débat quant à
savoir si une liaison dynamique donne une œuvre dérivée.
Dans les environnements techniques modernes, il existe en fait une
diversité de moyens d’invoquer les services d’un programme autrement
qu’en appelant une fonction. L’appel des services d’un programme A au
moyen de protocoles d’échange réseau standards n’implique pas que le
programme B soit une œuvre dérivée. Si c’était le cas, alors un
navigateur adressant une requête à un site dont les programmes sont
sous GPL, se trouverait lui-même obligé d’être GPL.
En fait, il est souvent admis qu’un programme B est considéré œuvre
dérivée du programme A, si B ne peut pas fonctionner de manière utile
sans A, ceci indépendamment des modalités techniques de la liaison.
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Introduction à l’Open Source
Qu’en est-il d’un programme qui utilise par exemple une base de
données MySql, sous licence GPL ? Si ce programme n’utilise pas,
pour appeler la base, de librairies sous licence GPL, alors il n’invoque
les services de MySql que au moyen de protocoles standards, ce qui
n’implique pas qu’il soit GPL lui-même. Mais si le programme ne peut
fonctionner autrement qu’avec une base MySql, alors on pourra
considérer qu’il est œuvre dérivée malgré tout. A noter que la FAQ de
MySql sur le sujet des licences a été critiquée pour laisser entendre que
toute forme d’utilisation commerciale devait être sous licence
commerciale, ce qui est erroné.
Que signifie « Distribuer » ?
Ici encore, certaines choses sont claires. À coup sûr, si vous
commercialisez votre programme en tant que progiciel, cela s’appelle
distribuer.
A l’inverse, utiliser et déployer un programme au sein d’une même
organisation, n’est pas distribuer. Ce qui signifie qu’une entreprise peut
construire une œuvre dérivée, et l’utiliser en interne sur autant de
postes ou serveurs qu’elle juge utile, sans être tenue de diffuser les
sources de l’œuvre. C’est un point essentiel dans la sphère économique.
Une autre question importante est celle de la relation client-fournisseur
dans les métiers de l’informatique. Lorsqu’un prestataire tel que Smile
construit une application utilisant des composants sous licence GPL, et
livre cette application à son client, le prestataire doit livrer l’ensemble
des sources, y compris ajoutés. Cette obligation de distribution des
sources ne concerne QUE les personnes qui reçoivent le programme, ici
donc le client. Il n’est pas requis de les mettre sur la place publique.
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Par ailleurs, le client peut soit garder pour lui le programme (c’est-à-dire
au sein de son organisation), soit le distribuer, mais alors
obligatoirement sous licence GPL.
Notons aussi que utiliser l’œuvre dérivée sous forme de service en ligne
(software as a service), même commercial, n’est pas distribuer. C’est ce
que fait Google par exemple. Sur ce point, voir plus loin la licence
AGPL.
L’esprit de la GPL
Au delà des mots, l’esprit de la licence GPL est que, en tant qu’auteur
ou propriétaire d’un programme, je vous donne le droit de l’utiliser et
d’utiliser ses sources à condition que vous en fassiez autant. En
somme, c’est donnant-donnant.
La licence GPL a pour effet de diviser le monde en deux « camps » : le
GPL et le reste du monde. Si vous êtes du coté GPL, alors tout le
patrimoine open source sous GPL vous est accessible sans restriction.
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Introduction à l’Open Source
Si vous êtes dans l’autre camp, c’est à dire que vous ne voulez pas
distribuer votre code en donnant aux autres la même liberté qui vous
était donnée, alors vous ne pouvez pas en profiter.
C’est ce qu’on pourrait appeler du donnant-donnant, que les critiques de
cette licences appellent son aspect viral.
Compatibilité des licences
La question de compatibilité des licences est primordiale. Si un
programme A est sous licence LA et un programme B est sous licence LB,
alors est-il possible de construire un programme C utilisant à la fois A
et B ? Le programme C héritera des exigences de LA et de celles de LB,
et s’il y a des contradictions entre ces exigences, s’il est impossible de
respecter les unes et les autres, alors il faudra renoncer à utiliser A et
B.
Etant donné la domination de la licence GPL dans l’open source, la
question principale est la compatibilité avec la licence GPL. Un
programme open source, qui aurait une licence incompatible avec la
GPL, aurait une utilisation plus réduite.
Parmi les licences compatibles on peut citer les licences BSD, MIT, ou la
licence Apache (compatible GPL-v3). Parmi les non-compatibles, citons
les licences SUN CDDL, Eclipse, Mozilla.
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Introduction à l’Open Source
La figure suivante7 est issue du site gnu.org. Les flèches indiquent la
compatibilité des licences.
Notons qu’une licence LA qui serait de type copyleft, et pratiquement
identique à la GPL, mais porterait un autre nom, ne serait pas
compatible GPL, puisque l’œuvre dérivée ne pourrait pas être à la fois
GPL et LA. C’est le cas par exemple de la licence « réciproque »
introduite récemment par Microsoft, la MsRL.
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LGPL
La licence LGPL est très proche de la GPL, mais autorise à appeler des
fonctions du programme à partir d’un autre programme, sans que ces
programmes utilisant le programme sous LGPL soient eux-mêmes open
source. Cette licence est donc particulièrement appropriée pour des
librairies de fonctions destinées à être appelées par différents
programmes, sans poser de conditions trop fortes sur ces programmes.
LGPL signifiait initialement Library GPL, mais l’appellation a été
changée en Lesser GPL (Moindre GPL), car Richard Stallman souhaitait
minimiser la correspondance « librairie = LGPL » et permettre
d’envisager aussi bien des librairies sous GPL. La LGPL est un
compromis entre la volonté forte de promouvoir l’open source, et éviter
sa récupération au service de logiciels propriétaires, et d’autre part la
volonté de rendre le plus grand service par la plus large utilisation.
7 Image © 2007 Free Software Foundation Inc.
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Introduction à l’Open Source
A noter qu’au delà de la permission de linker, la LGPL introduit
quelques conditions un peu subtiles sur le programme linké. Certains
programmeurs ont préféré diffuser sous GPL avec en addendum une
special linking exception, autorisant l’appel de fonction.
La GPL with special linking exception est plus lisible et plus permissive,
ce qui l’a fait choisir par SUN pour le JDK.
GPL-v3
La version 3 de la licence GPL a été achevée courant 2007, et se déploie
progressivement.
Elle vise à améliorer la v2, et l’adapter à un contexte qui a évolué, sur
les points suivants :

Une plus stricte définition juridique des termes, prêtant moins à
interprétation ;

L’interdiction d’empêcher, au moyen de dispositifs physique ou en
ne fournissant pas l’information requise, la mise en œuvre du
logiciel modifié sur son hardware cible. C’est ce qui avait été
appelé tivoisation, du nom de l’entreprise Tivo, fabriquant de
magnétoscope, qui y avait recours.

Le cas de l’interdiction faite, dans de nombreux pays, de
contourner les DRM. Une œuvre dérivée d’un logiciel GPL-v3 ne
peut invoquer cette interdiction. C’est à dire qu’il n’est pas
interdit d’écrire un programme de DRM en utilisant des
composants GPL-v3, mais il est interdit d’interdire de le
contourner.
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Une protection contre les revendications de brevets logiciels : celui
qui diffuse son code sous licence GPL-v3 donne tous les droits
d’utilisation permis par la licence et s’interdit de poursuivre les
utilisateurs au nom des brevets logiciels.

La possibilité d’ajouter certaines restrictions particulières à la
licence, parmi un nombre limité de possibilités, ce qui donne un
peu plus de flexibilité dans les problèmes de compatibilité de
licences.
AGPL (Affero)
Comme on l’a vu plus haut, il n’est pas interdit de prendre un
programme sous licence GPL, construire sur cette base un programme
qui soit œuvre dérivée, et utiliser ce programme pour son propre besoin,
y compris en le déployant au sein de son organisation, sans pour autant
en diffuser les sources. De la même manière, il n’est pas interdit
d’offrir un service accessible sur l’Internet, qui soit construit avec cette
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Introduction à l’Open Source
œuvre dérivée, sans pour autant en diffuser les sources, car cet usage
n’est pas une distribution.
Avec la montée en puissance des offres de services hébergés, de type
Software as a Service (SaaS), ce type d’usage risque de s’étendre. Or à
bien y réfléchir, rendre le programme accessible directement à ses
utilisateurs finaux au travers de l’Internet, est bel et bien une manière
d’interdire l’accès aux sources, tout en faisant une exploitation le plus
souvent commerciale, qui s’apparente à une distribution.
C’est pour répondre à ce risque de contournement que la société Affero
a créé, en coordination avec la FSF, la licence AGPL ou Affero GPL. Elle
est identique à la GPL, mais ajoute un article qui dit que si le
programme initial permettait un accès par le réseau et diffusait ses
sources par le réseau, alors le programme dérivé doit en faire de même.
C’est une mesure fondamentale, et il nous semble qu’elle tendra à se
généraliser à l’avenir.
Propriété Intellectuelle
et brevets
Le terme général de propriété intellectuelle fait référence à tous les
aspects juridiques relatifs à la propriété sur les biens immatériels créés
par l’intellect.
Le copyright sur un programme est une notion assez claire. Même si
l’on a évoqué plus haut les imprécisions possibles dans la notion
d’œuvre dérivée, une chose est sûre : si un programmeur se met à son
clavier et écrit du code que son esprit conçoit, il n’est pas en train de
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violer un quelconque copyright. Lui-même, ou son employeur, est
titulaire des droits d’auteur sur son code.
En d’autres mots : on sait quand on enfreint un droit d’auteur.
Au contraire, les brevets logiciels peuvent être violés sans le savoir. Un
brevet logiciel peu porter sur l’utilisation dans un programme d’un
algorithme, ou d’un procédé. Aux États-Unis, où les brevets logiciels
sont permis, les grands éditeurs déposent ainsi des milliers de brevets,
dont beaucoup portent sur des procédés banals, ou bien déjà connus.
Certains de ces brevets peuvent ne pas être recevables, mais on ne le
saura au final que s’il y a litige, et donc après un procès extrêmement
coûteux.
On comprend donc que les brevets logiciels sont un danger grave pour
l’industrie informatique en général. Ils ont pour effet de scléroser le
marché, et de maintenir un oligopole de grands éditeurs, qui seuls
peuvent supporter des frais de justice à l’américaine. Et qui, quoi qu’il
en soit, ne s’attaquent pas entre eux.
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Introduction à l’Open Source
On considère parfois que les logiciels open source ont plus à craindre
des brevets logiciels, simplement parce que leur code est ouvert. S’ils
font usage d’algorithmes couverts par brevet, alors il est facile de le
découvrir. A l’inverse, si Microsoft ou Oracle utilise du code qui enfreint
un brevet, ou même un copyright, il serait extrêmement compliqué de le
démontrer.
Fort heureusement, les brevets logiciels n’ont pas cours en Europe,
mais le danger est grand et ses partisans ne désarment pas.
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Introduction à l’Open Source
SUPPORT
Open source et support
Le support des programmes est une question clé. Dans l’informatique
en général, et plus encore dans l’open source.
Qu’entend-on par support ? La capacité à apporter de l’aide dans
l’utilisation du programme et à corriger le programme le cas échéant.
Le support peut s’adresser aux utilisateurs finaux, comme aux
exploitants du programme, ou encore aux programmeurs travaillant sur
le programme.
Le déploiement de programmes pour des tâches critiques, en particulier
dans des entreprises, requiert absolument un support, car le risque
d’une situation de blocage est trop important, cela que ce blocage soit
dû à une anomalie ou à un mauvais usage, mauvaise configuration,
incompatibilité, etc.
La question du support est un sujet sensible en matière de logiciel open
source. En premier lieu parce qu’il y a une différence de fond, pour les
produits d’origine communautaire, entre un support de communautés
et un support d’éditeur. En second lieu parce que les éditeurs de
produits propriétaires voudraient faire croire que le support est un point
faible des logiciels open source.
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Il est vrai que la licence open source porte en général en gros caractères
la mention : ce logiciel est fourni en l’état, sans garanties, etc… Et de
fait, il serait extraordinaire de réclamer quoi que ce soit à l’auteur qui
vous a permis d’utiliser son œuvre. Mais on oublie parfois que
l’absence de garantie est le plus souvent invoquée également par les
licences propriétaires.
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Introduction à l’Open Source
Support communautaire
et support d’éditeurs
En matière de support open source, il faut bien séparer deux mondes :
les produits communautaires d’une part, les produits d’éditeurs
commerciaux d’autre part.
Les produits communautaires (Linux, Apache, PHP, …) bénéficient
avant tout d’un support communautaire. C’est à dire basé sur le
volontariat de développeurs impliqués, qui répondent aux questions des
utilisateurs sur les mailing-lists et forums. Et basé également sur le
suivi et la prise en charge des anomalies sur les plateformes de
développement communautaires.
Lorsque la communauté est active, comme c’est le cas autour des
grands produits, ce support communautaire peut être d’une très grande
efficacité, d’une très grande réactivité, très supérieur à un support
commercial. Mais certains utilisateurs resteront chagrinés qu’il soit
sans garantie, que l’on ne puisse attaquer personne si un problème
n’était pas résolu. En réalité, la plupart des supports d’éditeurs
commerciaux sont également sans garantie de résultat.
Outre l’aspect communautaire, se pose aussi le problème de la diversité
des produits. Un système d’information peut inclure couramment plus
de 10 produits différents dans la ‘pile’ logicielle : Linux, Apache,
Tomcat, MySql, Hibernate, … Lorsqu’un problème survient, à qui
s’adressera-t-on ? Les clients professionnels demandent un
interlocuteur unique, pour prendre en charge les premiers niveaux de
support.
Très tôt dans le développement de l’open source, des acteurs
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commerciaux ont répondu à cette demande de support. C’est le
positionnement des ‘distributeurs’ tels que Redhat ou Mandriva, mais
aussi des premières SSLL en France, telles que Alcôve, Linagora ou
OpenWide.
Du côté des éditeurs open source (MySql, eZ Publish, TinyERP), la
question est différente : l’éditeur est une société commerciale et son
business model est essentiellement basé sur son offre de support. Ici
donc, le dispositif de support est très proche de celui des produits
propriétaires. Pas identique toutefois car en parallèle, en complément
au support payant de l’éditeur, il existe souvent un support
communautaire, plus ou moins vivace selon les produits.
Mais le plus souvent, les corrections touchant au code ne sont assurées
que par l’éditeur.
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Introduction à l’Open Source
Pour les nouveaux éditeurs de l’open source commercial, le support
produit est le fondement du business model, il est leur raison de vivre,
leur unique source de revenus. On peut donc s’attendre à un support
de grande qualité, incluant une variété d’options en termes de réactivité.
3 niveaux de support
Rappelons tout d’abord la définition usuelle des niveaux de support :

Niveau 1 : un opérateur non-expert prend note de la demande, la
saisit dans l’outil de suivi, et consulte des instructions simples
pour tenter un dépannage.

Niveau 2 : un intervenant expert sur une variété de domaines
analyse la demande, fait un premier diagnostic du problème. Il
résout le problème ou trouve un contournement dans la mesure de
ses compétences, ou sinon détermine l’aiguillage approprié vers un
spécialiste.

Niveau 3 : un intervenant expert spécialisé apporte la correction
définitive.
Une correction portant sur le code source d’un programme ne peut se
faire qu’au niveau 3.
Bien entendu, une règle générale en matière de support est qu’il faut
limiter les intervenants aux premiers niveaux, si possible n’en avoir
qu’un seul jusqu’au niveau 2, qui est en charge de l’aiguillage.
C’est ce qui est représenté sur la figure suivante :
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Introduction à l’Open Source
Couches logicielles
Dans la suite, nous distinguons 4 couches d’une plateforme open
source :

Le système d’exploitation GNU/Linux. Le niveau 3 ne peut être
assuré que par des communautés (Debian), ou des distributeurs
spécialisés (Redhat, Mandriva).

Les composants système divers, généralement inclus dans la
distribution, typiquement Apache ou Tomcat. Ceux-là également
sont généralement supportés au niveau 3 par les communautés,
par exemple celle de l’Apache Software Foundation.

Les solutions de haut-niveau d’éditeurs open source, typiquement
eZ Publish, TinyERP ou bien Alfresco. Elles ne peuvent être
supportées au niveau 3 que par leur éditeur.

Enfin, les modules applicatifs spécifiques, ou bien configurations
complexes de ces applications. Ce peut être par exemple une
application métier entièrement spécifique, construite sur un
framework open source, ou bien des jeux de gabarits ou extensions
d’un outil de gestion de contenus. Elles sont réalisées le plus
souvent par un intégrateur de solutions open source, mais
éventuellement par les équipes du client final. Et bien sûr, c’est
celui qui les a réalisées qui est le mieux placé pour en assurer le
niveau 3.
Il est clair que la stabilité va croissante entre ces 4 couches : les bugs
dans Apache sont rares, mais ceux de Linux sont plus rares encore.
Les solutions de haut niveau sont moins robustes que Apache, mais la
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probabilité de bugs est la plus forte dans les développements
spécifiques, tout simplement parce qu’ils n’ont qu’un nombre limité
d’utilisateurs et une moindre ancienneté.
C’est ce qui est représenté sur la figure suivante :
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Introduction à l’Open Source
Ainsi, il est clair que le besoin de support est plus fort pour les couches
supérieures. S’il y a interlocuteur unique, alors ce sera naturellement
celui qui peut intervenir sur ces couches.
Support en l’absence d’applicatif spécifique
La figure suivante représente le cas où les produits open source sont
utilisés en l’état, avec aucune ou très peu de configuration. C’est
typiquement le cas d’un déploiement de la suite OpenOffice.
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Introduction à l’Open Source
Si la configuration inclut un produit d’éditeur en plus des produits de
communautés, et toujours en l’absence de configuration spécifique
élaborée, alors le client peut s’adresser directement à l’éditeur pour les
niveaux 1, 2 et 3 sur son produit, et au distributeur sur les couches
inférieures. Il est rare que les éditeurs souhaitent assurer du niveau 1
et 2 au delà de leur produit, sur l’ensemble de la configuration.

Centre de support intégrateur
Enfin, certains prestataires proposent d’assurer un support global
multi-produits en niveaux 1 et 2. C’est le cœur de métier de certaines
SSLL, mais quelques SSII généralistes s’y sont mises également.
Il est rare qu’elles aient l’expertise requise pour assurer le niveau 3 sur
toute la palette des composants, mais elles peuvent construire une
expertise suffisante sur quelques-uns d’entre eux.
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Cas d’une application ou configuration spécifique
La figure suivante représente le cas où le client utilise une application
spécifique, ou bien une configuration complexe d’une solution open
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Introduction à l’Open Source
source d’éditeur, qui a été élaborée pour lui par un intégrateur de
solutions open source.
Dans ce cas de figure, l’intégrateur est le plus à même d’assurer le
support de niveau 1 et 2 sur l’ensemble de la pile, en se tournant vers
les expertises appropriées pour le niveau 3.
Il peut arriver toutefois que le client ait plusieurs configurations
différentes, reposant sur les mêmes couches basses, et aura confié à un
distributeur le support global sur ces couches.
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Cette seconde figure représente une alternative, dans laquelle le client
final s’adresse à un distributeur pour le support du bas de la pile :
système d’exploitation et composants système, et à l’intégrateur pour
les composants supérieurs.
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Introduction à l’Open Source
BUSINESS MODEL
Ce qu’on appelle business model, ce sont les principes de
fonctionnement qui assurent la rentabilité d’une société. On peut
étendre l’analyse aux organismes à but non lucratif en s’intéressant du
moins à leurs revenus et charges.
La question est souvent posée par les néophytes incrédules : Mais si
c’est gratuit, alors comment ça peut marcher, il faut bien que quelqu’un
paye à un moment ?
Et de fait, tout n’est pas gratuit dans l’open source, et il y a une vraie
économie de l’open source, qui a ses particularités.
Nous étudions ici les 4 typologies d’acteurs de l’open source :

Fondations
A l’image de la fondation Apache, ou Eclipse, ce sont des organismes à
but non lucratif, qui stimulent et pilotent le développement de grands
produits open source.

Distributeurs
A la manière de Redhat ou Mandriva, ils sélectionnent des outils et
composants autour d’un noyau Linux, en assurent le packaging, la
distribution et le support.
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Éditeurs
Ils créent un produit logiciel, qu’ils diffusent sous licence open source,
en tout ou partie. Ils assurent la promotion de leur produit, et
proposent des offres de support.

Prestataires
Les prestataires de l’open source vendent des services, que ce soit dans
un mode de régie ou de forfait. On peut distinguer des prestataires de
support et des prestataires intégrateurs.
Les fondations
Les fondations et autres organismes à but non lucratif tiennent une
place très importante dans l’écosystème de l’open source.
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Introduction à l’Open Source
Les plus grands produits open source, et ceux qui ont la plus large
diffusion, sont issus de ces fondations, ou bien repris en charge par
celles-ci.
La Free Software Foundation, déjà évoquée plus haut pour sa définition
du logiciel libre et des licences GNU GPL et ses missions de défense et
de promotion du logiciel libre, continue de jouer un rôle clé dans le
développement des composants du GNU Project qui sont associés au
noyau Linux.
Voyons quelques unes des autres grandes fondations.
Apache
Le serveur Http Apache est le produit fondateur de la fondation
éponyme. Il remonte aux tous débuts du web, soit 1995, où quelques
développeurs réunis au sein de l’Apache Group entreprennent
d’améliorer le premier Httpd du NCSA, comme alternative aux outils de
Sun et Netscape. A partir de 1996 et jusqu’à aujourd’hui, le serveur
Apache est le plus utilisé sur le web.
La Apache Software Foundation (ASF) est une association à but non
lucratif de droit américain, et l’un des temples de l’open source. Dans
le paysage de l’open source, c’est la seule entité qui ait à la fois les
moyens de pousser des projets nombreux et d’envergure, et qui ne soit
pas à la recherche d’un business model.
Du fait de cette vocation non commerciale, l’ASF est motivée à donner
naissance à des projets de qualité, qui puissent être utilisés librement
par le plus grand nombre. C’est aussi cette caractéristique qui amène
des entreprises ou développeurs à donner des programmes à l’ASF.
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Les programmes des projets Apache appartiennent à l’ASF, qui les
diffuse sous licence APL, une licence non-copyleft.
La fondation Apache est financée par quelques sponsors, et tire de
petits revenus de l’organisation de séminaires, vente de goodies et dons
en ligne. Mais en fait, la fondation a surtout un tout petit budget.
Sur son bilan 2005-2006, elle déclare des recettes de 150 K$, dont
95 K$ de dons et 50 K$ de revenus de ses services, répartis entre
recettes des conférences Apache (environ 30 K$) et des Codes Awards
(20 K$).
Les dépenses, sur la même période, ne sont que de 33 K$, dont 28
consacrés à la mission principale de la fondation de diffuser ses logiciels
open source au public gratuitement, c’est à dire principalement des coûts
d’hébergement et d’exploitation.
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Introduction à l’Open Source
On constate donc que les flux financiers sont minuscules, comparés à
la puissance effective de la fondation dans sa mission de promotion et
de développement de grandes applications open source.
L’avancement des projets est surtout basé sur le volontariat, mais
également sur les dons en nature que peuvent faire des entreprises en
autorisant certains de leurs développeurs à travailler sur des projets
Apache sur leur temps de travail, pour une période convenue. Des
accords spécifiques permettent d’assurer que le fruit de ce travail est
propriété de l’ASF.
Il y a une bonne cinquantaine de projets Apache, dont la notoriété, la
diffusion et la qualité sont variées. Dans l’ensemble, une
caractéristique commune est d’avoir une architecture logicielle solide,
basée sur des standards.
Citons quelques-uns de ces produits : Apache Httpd, Perl, Lucene,
Tomcat, Ant, Cocoon, Lenya, OfBiz, Struts, et bien d’autres…
Eclipse
Eclipse est une initiative qui réunit de grandes sociétés informatiques, à
l’initiative d’IBM, pour développer initialement une plateforme de
développement intégrée (IDE, Integrated Development Environment), du
même nom.
Le mouvement change de statuts en 2004 pour devenir fondation
Eclipse, association à but non lucratif (non profit organization).
La mission de l’organisation est de créer et promouvoir un ensemble
d’outils de conception, développement et gestion de programmes, ainsi
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que des composants et frameworks.
L’intérêt stratégique, pour IBM, est de contrer la plateforme Microsoft
dans les entreprises. En effet, la qualité des outils de développement
tient une part importante dans l’adoption d’une plateforme par les
développeurs, et les outils de développement Java étaient souvent jugés
moins bien intégrés et moins ergonomiques que ceux de Microsoft.
La fondation est financée par ses membres, de grandes sociétés proches
de l’informatiques (IBM, Intel, BEA, Motorola, Nokia, Oracle, SAP, Zend,
…). Elle dispose de salariés pour des missions administratives, mais
les développeurs sont des programmeurs indépendants, ou bien
travaillant pour des entreprises qui leur accordent du temps pour
participer à ces projets.
La fondation fournit 4 services à la communauté Eclipse :

une infrastructure matérielle qui héberge les travaux,

un cadre juridique pour les questions de propriété intellectuelle,
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Introduction à l’Open Source

des processus pour le développement communautaire,

et la promotion et facilitation des projets au sein de l’écosystème.
Les Distributeurs
Les distributeurs sont des sociétés comme Redhat, Ubuntu, Mandriva,
Suse et quelques autres, dont l’activité est de :

Sélectionner des produits et versions, entourant le noyau Linux

Valider la maturité et la robustesse de ces produits

Distribuer ces produits et leurs mises à jour, c’est à dire assurer
leur acheminement jusqu’aux utilisateurs-clients

Assurer le support de ces produits : hot-line, traitement des
demandes, conseil, formation
Initialement, dans les années 90, le moyen de distribution privilégié
était la disquette puis le CD-ROM, et la principale activité des
distributeurs était le gravage et la distribution des CDs. Aujourd’hui,
la diffusion est majoritairement online, et le cœur de métier des
distributeurs s’est déplacé pour se centrer sur le support.
Les distributeurs distribuent essentiellement des produits dont ils ne
sont pas détenteurs des droits. Ils n’ont donc pas le choix de proposer
telle ou telle licence, ou bien une licence GPL et une licence
commerciale comme le font certains éditeurs : c’est le détenteur des
droits qui décide de la licence. Les distributeurs open source diffusent
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une majorité de produits sous GPL, et quelques produits sous BSD ou
d’autres licences.
Certains sont aussi éditeurs de quelques produits de leur distribution.
Redhat
Fondé en 1994, Redhat domine de très loin ce marché, avec près de 300
M$ de chiffre d’affaire et 2200 employés dans le monde. Pour
beaucoup d’entreprises, en particulier aux États-Unis, Redhat a donné
sa crédibilité à l’open source.
Redhat est aussi un des plus importants contributeurs du noyau Linux,
et est également éditeur de produits open source, au premier rang
desquels figure le serveur d’application JBoss, acquis en 2006, ou des
outils tels que Hibernate.
Le support est disponible par abonnement (subscription), payé
annuellement. Le prix dépend du périmètre de produits concernés, et
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Introduction à l’Open Source
du niveau de service. Au catalogue Redhat, ce support peut aller de
$350 à $2500, par an et par serveur. Le modèle est donc par
construction très récurrent. A noter que le contrat de support inclut
une clause de « Intellectual Property protection », une assurance
juridique qui protège le client d’éventuelles actions d’éventuels
détenteurs de brevets. Une clause très prisée aux États-Unis.
Les souscriptions représentent 82% des revenus de Redhat, le reste
provenant des prestations de formations et conseil. Du coté des coûts
on peut identifier, sans connaître la part de chacun :

Les coûts habituels d’une société commerciale : services généraux,
RH, services commerciaux, marketing. A noter que les coûts de
commerce et marketing représentent 36% du chiffre d’affaire, et les
autres coûts administratifs, 20%.

Les coûts associés aux prestations de support : hot-line, experts,
consultants

Les coûts des développeurs contribuant aux produits open source
distribués, ou recherche et développement : 18% environ.
Au total, le résultat net de Redhat pour l’année 2006 est d’environ
80 M$, soit une rentabilité de 28%, ce qui est excellent, au niveau des
grands éditeurs traditionnels.
Mandriva
Si Redhat affiche une santé éclatante, les distributeurs Linux français
ont connu au contraire des années difficiles. Anciennement
Mandrakesoft, la société diffuse et supporte depuis 1998, la distribution
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Mandriva Linux, qui a accédé au ‘top 10’ des distributions au plan
mondial.
Introduite en bourse en 2001, la société a un parcours mouvementé,
traversant un redressement judiciaire en 2003, parvenant à quelques
résultats positifs en 2004 avant de replonger dans le rouge. Sur le
dernier exercice connu, 2006-2007, le chiffre d’affaire est de 4,2 M€ et
la perte d’exploitation de 2,3 M€.
Mandriva est éditeur de produits en propre : la solution de gestion de
parc informatique Pulse 2.0, et le serveur Ldap Mandriva Directory
Server.
L’offre de support sur la distribution entreprise « Corporate server 4 »
est constituée d’un forfait de maintenance annuel de 279€ par an par
serveur, et de tickets de support de 50 € par incident.
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Introduction à l’Open Source
Debian
Même si elle ne vise pas un semblable business model, il faut ici une
mention spéciale pour Debian, une distribution Linux non-commerciale,
la plus ancienne, la plus communautaire et finalement la plus proche
des valeurs fondatrices de l’open source. C’est aussi la seconde
distribution Linux la plus utilisée.
Projet fondé par Ian Murdock (aujourd’hui chez SUN), en 1993, il se
caractérise par les Debian Free Software Guidelines, énoncées en 96 (qui
inspireront l’Open Source Definition), et son système de gestion des
packages. En 2007-08, le Debian Project Leader est français, il s’agit de
Sam Hocevar, ancien élève de l’école Centrale et important contributeur
du projet VideoLAN.
Les éditeurs open source
Editeur open source
L’éditeur, c’est celui qui détient les droits du produit, en assure le
développement, la promotion, la diffusion et le support.
Dans un premier temps, les seuls acteurs commerciaux de l’open
source étaient des distributeurs plus que des éditeurs, l’acteur
emblématique étant Redhat.
C’est MySql qui a ouvert la voie de la logique de l’éditeur open source, et
depuis quelques années, ce modèle a donné naissance à de nombreux
nouveaux acteurs, particulièrement dynamiques.
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Les éditeurs open source sont des sociétés commerciales ordinaires,
c’est à dire à but lucratif. Comme un éditeur ordinaire, elles
investissent massivement dans le développement de leur produit, et
parfois également dans sa promotion, son marketing. La seule
différence est que le produit est diffusé sous licence open source, ou
parfois sous double licence.
Pourquoi choisissent-ils ce modèle ? Au delà de l’adhésion aux valeurs
de l’open source, ils font sans doute l’analyse que l’open source est
devenu le seul moyen de percer dans un marché prisonnier de quelques
oligopoles. Un peu à la manière des compagnies aériennes low-cost,
ces nouveaux acteurs amènent un business model légèrement différent,
de nature à casser les positions acquises.
Si la finalité économique est très semblable, ces nouveaux acteurs ont
néanmoins des caractéristiques spécifiques par rapport aux éditeurs
classiques. En premier lieu, ce sont de petites structures, de très
petites structures en comparaison des éditeurs en place. MySql, c’est
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Introduction à l’Open Source
360 employés. Et leurs forces sont presque entièrement tournées vers
le développement et le support du produit. Elles font peu de
marketing, peu de commerce. Comme les compagnies low-cost, elles
ont structurellement des coûts très inférieurs, ce qui leur permet de
vivre avec de faibles revenus.
Business model de l’éditeur open source
Les éditeurs open source ont trois types de revenus :

Ventes de licences

Vente de support

Vente de prestations
Auxquels s’ajoutent dans certains cas des revenus issus de leurs
intégrateurs partenaires : partenariat payant pour certains, ou
commission sur l’apport d’affaires, lorsque des prospects sont dirigés
vers des partenaires.
Et bien sûr, au chapitre des dépenses, on trouve :

Le développement produit

Le support

Le commerce et le marketing
Les éditeurs bénéficient aussi de l’open source au niveau des coûts : en
pouvant s’appuyer sur l’extraordinaire patrimoine de code déjà
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disponible sous licence open source, ils font d’importantes économies
de développement.
Vente de licence
« Vendre des licences » et « open source » semble une contradiction.
Effectivement, même s'il n'est pas interdit de faire payer la distribution,
aucun éditeur ne vendrait un logiciel sous GPL, surtout à l'heure où la
diffusion est pratiquement gratuite. (cf. « Bière gratuite ?! », page 9).
Mais il y a plusieurs cas de figure de double licences possibles.
1) Sortir de la GPL
Le premier est une licence non open source, propriétaire donc, qui
permet au client de ne pas être tenu par les obligations de la licence
GPL. En particulier si le client veut distribuer une œuvre dérivée
utilisant le programme, et ne souhaite pas diffuser ses sources, il lui
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Introduction à l’Open Source
faudra acquérir une licence commerciale. Des éditeurs comme eZ
Systems ou MySql ont choisi ce modèle.
Pour des applicatifs de haut niveau, par exemple le CMS eZ Publish, ce
n’est en général pas une source de revenus importante car la finalité est
de faire un site et rarement de faire un produit. Mais dans le cas de
MySql, la vente de licences représente plus de la moitié du CA.
2) Modules complémentaires payants
Le second cas de figure est celui où l’éditeur propose des modules
complémentaires à l’application principale, ces modules étant
exclusivement sous licence commerciale. Selon les cas, la partie open
source pourra être plus ou moins complète. Mais si elle est trop légère,
et donne l’impression d’être un simple appât pour ferrer le pigeon, elle
sera rejetée. Si l’application open source est de qualité, et que les
modules payants sont optionnels, le modèle peut tenir la route. On
peut citer Talend et Pentaho, comme éditeurs ayant choisi ce modèle.
eZ Systems, qui proposait quelques modules payants, a renoncé à ce
modèle, pour une meilleure lisibilité de l’offre.
3) Dépendance entre le support et la licence
Le troisième cas est celui où l’éditeur crée une dépendance entre son
offre de support et la licence commerciale. Dans ce cas l’éditeur ne
propose aucun support, même payant, sur la version open source. Pour
avoir du support, il est nécessaire de choisir la licence commerciale.
C’est le cas de l’éditeur Alfresco.
Vente de support
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Le support est la principale source de revenus pour la majorité des
éditeurs open source. Les offres de support sont le plus souvent sur la
base d’une souscription annuelle, par instance du produit, par serveur
ou par processeur.
Le support inclut en général :

Un accès privilégié aux correctifs, et à des ressources spécifiques.

La prise en charge des problèmes, que ce soit anomalies ou
problèmes d’utilisation ou de mise en œuvre.

Éventuellement des prestations d’audit, de certification, ou de
prise de contrôle à distance, surveillance proactive et corrections.
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Introduction à l’Open Source
Correctifs
Les éditeurs peuvent être tentés de maintenir un écart entre le niveau
de correctif des clients sous support et le référentiel de sources public.
Mais ils ne jouent pas trop là dessus, car c’est quand même la
réputation de leur produit qui se joue sur la version open source. En
revanche, les clients sous support reçoivent les correctifs en ‘push’,
sans les avoir demandés.
Le contrat de support peut inclure également l’accès à certaines
ressources privilégiées : forums, base de connaissances, mailing lists,
voire même documentation. Mais là aussi, ne pas diffuser librement de
documentation est en général plutôt pénalisant. Il faut se souvenir que
les libres utilisations sont aussi des produits d’appel pour l’utilisation
en conditions critiques, qui demandera du support.
Résolution de problèmes
Beaucoup de contrats de support distinguent différents niveaux, en
termes de

Nombre de problèmes sur l’année

Temps de réaction sur problème

Horaires d’ouverture de la hot-line

Garantie de correction

Prise de contrôle
La relation avec le support est en général de type web ou mail pour les
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contrats basiques, et téléphonique pour les contrats haut de gamme.
Prestations
Enfin, les éditeurs peuvent également proposer des prestations autour
de leurs produits, dont ils sont nécessairement les meilleurs experts :
conseil, audit, définition d’architecture, analyse de problèmes,
formations.
Ces prestations sont également proposées par les prestataires
intégrateurs, de sorte qu’une ligne de partage est en général trouvée :

L’éditeur assure les prestations qui requièrent la plus grande
expertise, et sont peu liées au contexte spécifique du client ;

L’intégrateur assure les prestations de proximité, liées à un
déploiement et un environnement spécifique.
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Introduction à l’Open Source
Dans certains cas, les clients peuvent également financer des
développement du produit qui visent à mieux couvrir son besoin
spécifique, mais pourront être utiles à d’autres clients, et donc être
intégrés au produit.
Trois éditeurs open source
MySql
MySql A.B. est une entreprise suédoise, éditeur de la base de données
du même nom.
En 1994, il n’existait pas de base de données relationnelle légère, et
encore moins open source. Depuis 1990, il existait déjà Postgres, créé
par Michael Stonebraker, déjà fondateur de Ingres. Mais à cette
époque, Postgres n’utilisait pas SQL mais QUEL comme langage de
requête.
Dans l’année 1994, Hughes, un étudiant australien, réalise pour
Postgres un traducteur de requête de SQL vers QUEL, puis il finit par
réécrire la couche de stockage, en simplifiant au maximum les
fonctionnalités. Son projet s’appelle mSql, et il acquiert rapidement une
belle notoriété.
En 1995, Michael Widenius, de la société suédoise TcX ajoute une
interface SQL compatible avec mSql sur le moteur de base de données
maison Unireg. Dès le début, la société adopte un modèle d’éditeur
open source, ce qui crée rapidement une vague d’adhésion et de
contributions.
Ce n’est toutefois qu’en 2000 que MySql passera sous licence GPL.
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Jusqu’à cette date, une licence spécifique excluait les plateformes
Windows et interdisait à qui que ce soit de proposer un support payant.
En fait une telle licence ne passe pas les critères de l’open source
definition.
MySql AB compte 360 employés et a réalisé un chiffre d’affaire de 40M$
en 2006. Il faut bien mesurer à quel point ce sont des chiffres
minuscules au regard des grands éditeurs traditionnels. Oracle compte
68 000 employés et un chiffre d’affaires de 17 Md$. C’est à dire 400
fois plus.
En 2004, avec la version 4, MySql a modifié ses conditions de licence,
les connecteurs permettant à des programmes d’accéder à la base, sont
passés de la licence LGPL à la GPL. Les implications sont très fortes.
En effet, le fait qu’un programme appelle une base de données
n’implique pas qu’il soit « construit sur » la base de données, au sens de
la licence GPL. A priori donc, un programme peut utiliser en tant que
serveur une base MySql sous GPL, sans tomber sous les obligations de
la licence GPL. Mais pour réaliser cet appel, les applications utiliseront
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Introduction à l’Open Source
le plus souvent le connecteur fourni par MySql. Ainsi, en mettant les
connecteurs sous licence GPL et non LGPL, MySql vise à propager aux
applications utilisant son serveur les implications de la GPL, et de cette
manière pousser davantage de clients vers ses licences non open
source.
C’est pourquoi ce changement de politique commerciale a été mal vécu
dans les communautés open source. Les développeurs de PHP en
particulier ont invoqué l’incompatibilité entre la licence utilisée pour
PHP. Pour y répondre, MySql a ajouté une clause particulier, la
« FLOSS exception8 », et l’armistice a été conclue avec la communauté
PHP.
Enfin, en janvier 2008, SUN a acheté MySql pour environ 1 milliard de
dollars, de l’ordre de 20 années de chiffre d’affaire. Le deal a été vu
comme une prise de conscience, de la part des acteurs traditionnels, de
la montée en puissance des éditeurs open source.
MySql vend son produit MySQL Enterprise, qui est essentiellement une
offre de service. Les services relèvent principalement du support, de
l’audit et du conseil.
L’offre de service est dissociée de la nature de la licence : elle concerne
par défaut les programmes diffusés sous licence GPL, mais le client
peut à son choix utiliser la licence commerciale, au même prix.
Sur son site, MySql énonce le principe général que l’utilisation de la
base dans le contexte d’une organisation commerciale devrait être sous
licence commerciale. L’autorisation de diffuser au sein d’une même
organisation sans nécessité de rendre publiques les sources, n’est pas
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évoquée, mais elle découle de la licence GPL.
eZ Systems
eZ Publish est un outil de gestion de contenus (CMS) écrit par Bård
Farstad en 1999 et diffusé sous GPL à partir de 2000. Le produit est
d’entrée de jeu mieux conçu qu’une majorité des applications PHP,
surtout de cette époque. Il adopte rapidement une modélisation objet,
et une couche d’abstraction permettant de travailler avec n’importe
quelle base de données.
Comme pour MySql, les revenus des premières années viennent surtout
de l’intégration du produit dans ses propres projets, sur son marché
local, la Norvège. En 2002, le produit a déjà une reconnaissance
mondiale, et l’on parle déjà de « killer application du PHP » !
8http://w

ww.mysql.com/about/legal/licensing/foss-exception.html
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Introduction à l’Open Source
A partir de 2004, eZ Systems s’implante dans différents pays européens,
puis aux États-Unis.
En 2006, eZ Systems met en open source les quelques composants
associés au CMS, qui ne l’étaient pas. En avril 2007, eZ Systems lève
5 M$ de capitaux auprès d’investisseurs norvégiens, ce qui lui
permettra certainement un élan nouveau vers son but de devenir le
système de gestion de contenus de référence, y compris pour les plus
grandes entreprises.
Le business model de eZ Systems est fondamentalement basé sur le
support, avec des offres silver, gold, et platinum, qui se distinguent par
le nombre de tickets d’incidents inclus, et le temps de prise en compte,
pour des prix allant de $6990 à $13990.
Alfresco
Alfresco est fondé en 2005 par des anciens dirigeants de Documentum
et de Business Objects, qui amènent avec eux des architectes de grands
éditeurs, et des capitaux importants. Alfresco est donc le parfait
exemple de la nouvelle génération d’éditeurs open source.
La première génération d’éditeurs open source avaient en général
commencé à l’université ou dans leur garage, et s’étaient imposés petit
à petit en construisant une communauté. Au contraire, Alfresco a
directement les moyens de financer une équipe de haut vol, tant en
développement qu’en marketing, et se fait reconnaître en à peine deux
ans, comme un grand acteur sur son marché, celui de la Gestion
Electronique de Documents (GED), typiquement un marché sclérosé
entre les mains de quelques grands acteurs vieillissants.
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Alfresco diffuse son produit de GED sous deux licences :

Une version Community, sous licence GPL

Une version Enterprise, sous licence commerciale
Alfresco ne propose pas de support, même payant, pour la version
community, tandis que la version Enterprise au contraire, est
indissociable de son support, sur un mode de souscription annuelle,
par serveur.
En termes de licences, il est intéressant de noter que Alfresco a
commencé par utiliser une licence issue de la MPL (Mozilla), avec une
clause spéciale obligeant à présenter un message d’avertissement sur
toutes les pages de l’application. Début 2007, Alfresco est passé sous
licence GPL pour la version community, ici aussi pour une meilleure
lisibilité de la politique open source.
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Introduction à l’Open Source
Alfresco précise clairement dans sa FAQ qu’un déploiement au sein de
son organisation, n’est pas considérée comme une distribution, ce que
tous les éditeurs ne disent pas aussi clairement.
La version community est modifiée au fil de l’eau, tandis que la version
enterprise est l’objet de releases trimestrielles validées.
A noter également que le contrat de partenariat que Alfresco signe avec
ses intégrateurs leur fait interdiction d’intégrer la version community, de
sorte qu’il est difficile pour les utilisateurs de cette version d’obtenir un
support professionnel.
Loi des grands nombres
Pour prospérer, les éditeurs open source doivent être dans une logique
de grands nombres, à la manière de MySql : le fait que 10 millions
d’utilisateurs ne payent rien à MySql AB n’est pas problématique si sur
ce nombre, il en reste 10 000 qui ont des utilisations suffisamment
stratégiques, et souhaiteront disposer d’un support d’éditeur, avec délai
d’intervention garanti.
Le pourcentage de clients qui feront appel au support éditeur dépend de
la typologie de produit. Pour un produit grand public, par exemple un
antivirus open source, il sera bien difficile de faire payer du support à
beaucoup, ou de vendre sa version payante. Pour un produit dont la
vocation est fortement B2B, par exemple une Gestion Electronique de
Documents, la part des clients demandeurs de support sera
naturellement plus grande.
Contributions communautaires
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Les éditeurs open source comptent en général assez peu sur les apports
communautaires, du moins sur le cœur de leur produit. Ils les
acceptent car c’est dans la logique de l’open source, mais ne les
encouragent guère et l’on peut penser qu’il ne leur déplait pas de garder
la maîtrise de leur produit.
A noter que si son morceau de code est accepté, le contributeur devra
généralement signer un accord spécifique qui permet à l’éditeur de
disposer librement de son code. C’est assez naturel, car si chaque
contributeur pouvait spécifier ses propres conditions de licence, le
produit final serait un enchevêtrement de licences indémêlables.
Afin de bénéficier d’une dynamique communautaire, tout en conservant
la maîtrise du noyau de leur produit, certains éditeurs mettent en place
un dispositif d’extensions, qui permet d’apporter des enrichissements
au produit, de manière propre et indépendante du noyau, en assurant
la compatibilité avec les versions futures.
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Introduction à l’Open Source
Noyau, extensions et écosystème
Le modèle qui semble le plus efficace, et le meilleur compromis, est
celui qui distingue le noyau du produit, sous la responsabilité de
l’éditeur, et les extensions, réalisées par des contributeurs externes.
Les principes de cette séparation sont les suivants :

Le noyau doit être d’une grande robustesse, il est certifié par
l’éditeur ; les contributions externes y sont rares.

L’interface entre le noyau et les extensions est bien documentée et
stable, c’est à dire qu’un changement de version du noyau
n’implique pas un changement de version des extensions.

L’éditeur stimule la réalisation d’extensions, car elles donnent de la
valeur à son produit et témoignent aussi de l’existence d’une
communauté, en soi une garantie de pérennité. L’éditeur offre en
général une plateforme de mise à disposition des extensions. Il
peut le cas échéant mettre en place un dispositif d’évaluation ou de
certification des extensions.
Ce modèle noyau/extensions est celui qui réalise le meilleur point
d’équilibre entre les rôles respectifs de l’éditeur et de la communauté,
réunissant la garantie et l’engagement de l’éditeur, avec le dynamisme
et le l’énorme capacité de développement de la communauté.
Les « Forks »
On appelle « fork » une scission dans un projet de développement, dans
laquelle une nouvelle équipe de développement part de la même base
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logicielle pour faire évoluer le produit à sa manière.
Les licences open source autorisent toutes les forks, c’est dans la
définition même de l’open source.
Il peut y avoir en gros deux raisons pour un fork : un désaccord quant
aux orientations technologiques, ou bien un désaccord quant à la
politique commerciale et de licences.
Ainsi, si un éditeur prend une orientation qui déplait à la communauté,
il s’expose à un fork. Par exemple en 2006, l’ERP Adempiere, naît d’un
fork de Compiere résultant d’une politique commerciale tournant le dos
aux communautés, suite à l’entrée d’investisseurs dans Compiere Inc.
Autre exemple fameux, le fork donnant naissance à Joomla en 2005, à
partir de Mambo, un outil de gestion de contenus très populaire.
Selon les cas, le fork peut l’emporter ou bien vivoter, selon le
dynamisme de la communauté. Il y a aussi des forks non pas
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Introduction à l’Open Source
communautaires mais d’entreprises commerciales, par exemple l’ERP
OpenBravo, s’appuyant également sur Compiere comme socle de son
développement.
Le fork est une épée de Damoclès au dessus de la tête de l’éditeur, qui
l’oblige à rester fidèle à ses valeurs et à sa communauté. Mais à
contrario, certains éditeurs peuvent aussi en conclure qu’il vaut mieux
éviter qu’il existe une réelle maîtrise de leur noyau dans les
communautés.
Protection légale &
Propriété Intellectuelle
Aux États-Unis en particulier, les éditeurs proposent, en association
avec leurs offres de support, une protection légale vis à vis de possibles
violations de brevets logiciels. Dans ce pays, une entreprise qui
utiliserait des programmes violant des brevets pourrait se voire attaquer
et réclamer des indemnisations potentiellement énormes si la
compagnie est riche.
C’est devenu, ces dernières années, l’un des axes d’attaque les plus
virulents des concurrents de l’open source, à commencer par Microsoft,
qui a utilisé son accord avec Novell pour entretenir l’idée qu’il existe un
risque à cet égard. Et paradoxalement, ces intimidations servent aussi
les éditeurs open source commerciaux, qui vendent finalement de la
protection légale autant que du support produit.
En Europe toutefois, les programmes informatiques sont explicitement
exclus de la Convention sur le Brevet Européen, et d’une manière
générale le recours au judiciaire est moins dans les mœurs, de sorte
qu’il n’y a pas de crainte semblable.
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Éditeur-intégrateur
Le marché informatique se divise depuis longtemps entre éditeurs et
intégrateurs. Les éditeurs développent des produits, susceptibles de
satisfaire un nombre important de clients. Les intégrateurs s’appuient
sur ces produits pour construire des systèmes d’information répondant
au besoin spécifique d’un de leurs clients.
De tout temps, open source ou pas, il s’est trouvé des prestataires
tentés par le double jeu : éditeur et intégrateur à la fois, éditeur qui
intègre lui-même son produit, intégrateur qui n’a qu’un seul produit à
son catalogue. Et de tout temps, cela n’a pas marché. Parce que pour
gagner des marchés, l’éditeur doit construire un réseau d’intégrateurs
partenaires, et il ne peut y parvenir s’il est lui même le premier
concurrent de ses propres intégrateurs.
Sur le marché des solutions open source, on rencontre fréquemment de
tels éditeurs-intégrateurs, mais ils ne donnent jamais naissance à des
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Introduction à l’Open Source
solutions leaders. La tentation est grande, pour l’éditeur qui a du mal
à trouver son business model, et du mal aussi à convaincre des
prestataires d’utiliser son produit, de le faire lui-même. Mais le marché
sanctionne toujours ces combinaisons.
Les prestataires
Pour les prestataires IT, intégrateurs de solutions open source, le
business model est pratiquement inchangé, basé sur la vente de
prestations et d’expertise autour des produits open source, ceci sous la
forme :

De support

De projets clés en main,

De prestations de conseil ou d’expertise en assistance technique
Nous distinguons ici deux types d’activités, auxquelles correspondent
des prestataires souvent différents : le support open source et
l’intégration open source.
Les prestataires de support open source
Nous avons distingué ici distributeurs et prestataires, même si les
distributeurs sont prestataires, à leur manière. Mais d’un point de vue
historique, la frontière reste marquée. Les distributeurs n’offrent
aucune autre prestation que la diffusion, le support et la formation,
autour des logiciels inclus dans leur ‘distribution’. Sur ces
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composants, sur le noyau Linux en particulier, ils ont une expertise
pratiquement irremplaçable.
Mais il existe une telle diversité de composants open source, que le
besoin est apparu très tôt d’avoir un support global, concentré entre les
mains d’un prestataire unique. C’est sur ce métier qu’est né en France
le concept de SSLL, Société de Service en Logiciel Libre : une société
qui se propose d’assurer le déploiement et le support de configurations
multi-produits à base de logiciels open source. Elles ont été rejointes
plus tard par les SSII généralistes, ouvrant des centres de support open
source.
Les prestataires de support open source, tels que Linagora par exemple,
peuvent également construire des applications spécifiques, mais leur
cœur de métier est dans le support, par exemple de produits prêts à
l’emploi tels que la suite Open Office.
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Introduction à l’Open Source
L’intégration de solutions open source
Les prestataires intégrateurs de solutions open source – tels que Smile –
construisent des applications globales, des systèmes d’information, à
base de logiciel open source.
Bien sûr, ils assurent également le support de l’ensemble de leurs
créations, incluant les développements et configurations spécifiques, et
produits sous-jacents, mais leur cœur de métier est dans l’intégration,
la construction d’applications.
La valeur ajoutée de l’intégrateur open source commence dans le choix
de solutions. L’open source amène une immense profusion de
solutions, dont certaines immatures, ou au contraire obsolètes. Cette
richesse est aussi un handicap : beaucoup de clients craignent de faire
un mauvais choix. L’intégrateur open source ne peut pas attendre que
le Gartner ait sélectionné les heureux élus, il doit mener une action
permanente de veille et d’évaluation, afin de déceler les produits
prometteurs, et les produits les plus solides.
Après cela, un projet d’intégration de systèmes à base d’open source
ressemble à un projet d’intégration en général, et demande la même
expertise méthodologique, tant en développement qu’en conduite de
projets.
Au chapitre consacré au modèle de développement, nous verrons que
l’open source a aussi beaucoup fait progresser le développement, et les
prestataires intégrateurs sont les premiers à faire usage des bonnes
pratiques, mais aussi des bons outils, issus de l’open source : IDE,
gestion des sources, outils de tests et d’intégration continue, suivi des
anomalies, etc. Les intégrateurs open source ont, en la matière, une
longueur d’avance.
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Prestation open source et prestation traditionnelle
Les produits open source communautaires n’ont pas d’éditeur
susceptible d’apporter une aide commerciale ou marketing, un support
à l’avant-vente, ou un support en phase de projet. Même pour les
produits open source commerciaux, les éditeurs sont souvent de petites
structures, aux ressources limitées, et plutôt tournées vers le
développement produit.
Le prestataire prend donc souvent à sa charge une partie de
l’investissement amont qui incombait traditionnellement à l’éditeur : il
sélectionne les produits les plus solides et pérennes, en assure la
promotion et la vente, voire une partie du support.
Devant l’extraordinaire montée en puissance des solutions open source,
tous les prestataires IT espèrent une part du gâteau ; c’est ainsi que
les grandes SSII généralistes ont fini par s’y intéresser.
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Introduction à l’Open Source
A chaque révolution, qu'elle porte sur la technologie ou le modèle
économique, les acteurs en place ne peuvent attraper la nouvelle
vague. Parce qu’ils sont devant un dilemme que l'on peut résumer à
« peut-on se permettre de tuer la vache à lait historique ? ».
Le phénomène est connu, et a été parfaitement analysé par
C. Christensen dans Tne Innovator's Dilemma (1997). Compagnies
aériennes majors contre compagnies low-cost, opérateurs téléphoniques
historiques contre nouveaux entrants, mais aussi IBM contre Microsoft,
et maintenant Microsoft contre Google. L’histoire se répète et
l'opposition libre vs propriétaire est du même acabit : un intégrateur
traditionnel de peut pas renoncer à la manne qu'il tire du logiciel
propriétaire et de ses prix élevés. A moins que l’open source ne soit
exigé au cahier des charges, la SSII traditionnelle proposera un produit
propriétaire. D'autant que, n’investissant pas en amont dans la veille
technologique et la relation avec les communautés ou éditeurs open
source, elles manquent de légitimité sur ces territoires nouveaux.
Synthèse
En guise de synthèse, nous analysons les relations entre ces différents
acteurs de l’open source, en considérant trois types d’interactions, en
forme de flux :

Les prestations, y compris écriture de programmes, support,
conseil, formation, intégration.

Le code source, c’est à dire les logiciels.

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L’argent, enfin, qui fait de tout cela un business-model !
Les flux de prestations
Sur la figure suivante, nous représentons les flux de prestations
intellectuelle entre les différents acteurs identifiés. Cette prestation
peut être du développement de programme, ou bien de l’intégration, du
conseil, du support, de la formation.
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Introduction à l’Open Source
On distingue les principaux flux de service :

Contributions en prestations de développeurs salariés, de la part
des distributeurs tels que Redhat, de donateurs tels que IBM ou
Google, et dans une moindre mesure, d’éditeurs commerciaux et
d’intégrateurs, au bénéfice des fondations tels que Apache qui ont
en charge de grands projets open source.
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Offre de prestations d’intégration, développement et support des
intégrateurs et des éditeurs commerciaux, vers les clients et
utilisateurs finaux.
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Introduction à l’Open Source
Les flux de code source
Sur la figure suivante, nous avons fait apparaître les flux de code
source. Pour le distinguer de la prestation de développement, qui
relevait des flux précédents, on ne considère ici que la livraison de
programmes déjà écrits.
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Ici, les principaux flux sont :

Le code source constituant les grands logiciels open source,
diffusés par les fondations et utilisés par les éditeurs
commerciaux, et par les intégrateurs.

Les programmes distribués par les distributeurs, à destination des
clients finaux.

Les programmes des éditeurs commerciaux, à destination des
clients.
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Introduction à l’Open Source
Les flux d’argent
Enfin, cette dernière figure représente les flux d’argent entre ces
différents acteurs.
On y distingue les principaux flux suivants :
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Le paiement par les clients finaux des prestations de support aux
éditeurs commerciaux et aux distributeurs

Le paiement par les clients finaux des prestations d’intégration et
de support aux intégrateurs.
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Introduction à l’Open Source
MODÈLE DE DÉVELOPPEMENT
Introduction
Halloween document
En 1998, un mémo interne a filtré de chez Microsoft. Mis sur la place
publique, il est connu depuis sous le nom de Halloween Document I9.
Dans ce document, que Bill Gates en personne transmet à son board,
un analyste étudie le mouvement open source et les dangers qu’il
présente pour l’entreprise. Mais surtout, il reconnaît que :

Les projets open source ont atteint ou dépassé la qualité des offres
propriétaires

Les projets open source sont maintenant des projets de grande
échelle et de grande complexité

Les projets open source ont des atouts spécifiques impossibles à
reproduire en termes de motivation et de nombre de participants.
Au delà des considérations éthiques, au delà de la guerre commerciale,
c’est un choc pour Microsoft que de réaliser qu’un mode de
développement radicalement différent peut marcher aussi bien, et
parfois mieux.
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C’est ainsi que le modèle de développement des grandes applications est
l’un des aspects les plus intéressant du mouvement open source.
Cathedral and the Bazaar
Ce que Microsoft découvre en 1998 a déjà été analysé, et théorisé par
Eric S. Raymond dans un essai qui reste une référence : The Cathedral
and the Bazaar.
Il y oppose le modèle de développement traditionnel, le modèle
cathédrale, et le modèle de développement initié avec Linux, le modèle
bazar.
Dans son analyse, le modèle cathédrale n’est pas uniquement celui des
logiciels propriétaires, il est également celui de grands projets open
source, tels que GCC. Ce modèle s’appuie sur une équipe de
9 http://catb.org/~esr/halloween/
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Page 64
Introduction à l’Open Source
développeurs compacte, travaillant sur des cycles de développement
relativement longs, et diffusant les sources à l’issue de chaque phase.
Le modèle bazar, au contraire, fonctionne dans un apparent désordre,
où interviennent un très grand nombre de développeurs dans un cycle
de production et tests en continu.
C’est ce modèle bazar, si représentatif de l’open source, que nous
explorons plus avant.
Les grands projets communautaires
Quand on parle de modèle de développement open source, on parle
uniquement des projets communautaires, et généralement des plus
grands d’entre eux, tels que Gnome, Mozilla, Apache Httpd, Eclipse,
Linux. Les éditeurs qui diffusent leurs produits sous licence open
source ont en général des modèles de développements traditionnels, et
n’ont pas une volonté particulière d’étendre leur communauté de
développeurs.
Les études montrent que le plus souvent un petit nombre de
programmeurs réalisent la plus grosse part des développements. Sur
un projet où 200 programmeurs auront participé, on trouvera
typiquement que 10 d’entre eux ont écrit 50% du code.
Comme tous les projets informatiques, les projets open source ont
besoin de quelques leaders visionnaires et architectes de haut vol, pour
à la fois montrer le chemin et définir le découpage en modules.
Sur les plus grands projets, on constate souvent que les principaux
développeurs ne sont pas des bénévoles, mais sont salariés
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d’entreprises IT. Leurs employeurs ont différentes raisons pour les
laisser travailler sur ces projets, des raisons qui peuvent être :

De marketing : pouvoir faire état dans sa communication d’avoir
un développeur « commiter », sur un projet phare équivaut à un
important budget publicitaires.

De gouvernance : c’est le moyen d’avoir son mot à dire sur les
orientations stratégiques du produit.

De socle technologique : ils font avancer plus dynamiquement un
socle de produits dont ils sont directement utilisateurs, et dont
dépend tout ou partie de leur business.

De maîtrise : la société sera compétente et légitime pour proposer
du support sur le produit.

Voire également de motivation des collaborateurs, tant ceux qui
participent que ceux qui pourraient le faire.
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Introduction à l’Open Source
Une année de développement Linux
Le site LWN.net a publié une analyse très intéressante10 des
contributions au noyau Linux, d’où il ressort que sur une année de
développement (2.6.16 vers 2.6.20) :

28 000 changements ajoutés

Par 1 961 développeurs différents

Remplaçant 1,26 millions de lignes par 2,01 millions de lignes de
code nouveau.

Le noyau a augmenté de 754 000 lignes.
Au total:

Le développement est effectivement parallélisé à très large échelle

Linus Torvalds n’est plus que l’auteur d’une très petite partie du
code

Une majorité des développeurs sont payés par leur employeur (Red
Hat, IBM, Qlogic, Novell, Intel, …), qui fournissent environ les 2/3
du code.
Organisation, instances
Développeurs, commiters
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Même si toute méthodologie cherche à rendre la qualité moins
dépendante de la valeur individuelle des développeurs, il n’en demeure
pas moins que l’expérience et le talent de chacun, mais aussi la
motivation sont des paramètres fondamentaux.
Les projets open source, du moins les plus prestigieux d’entre eux, ont
en général un avantage à cet égard. Ils attirent les meilleurs et les plus
motivés des programmeurs, parce que faire partie des commiters Linux
est la consécration suprême pour un développeur.
Les commiters sont les personnes autorisées à soumettre directement
leurs contributions dans le référentiel des sources. Pour accéder au
statut de commiter, il faut avoir proposé des contributions de qualité, et
avoir gagné le respect de ses pairs. On est donc dans une logique de
récompense du mérite et d’évaluation par ses pairs.
10 http://lwn.net/Articles/222773/
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Page 66
Introduction à l’Open Source
Gouvernance
Sur un projet, des choix sont à faire, des décisions sont à prendre. Qui
décide et selon quel processus ?
D’une manière générale, les projets open source ont un fonctionnement
relativement démocratique, dans le périmètre des commiters, avec tout
de même une instance d’arbitrage, qui se réduit parfois au ‘gourou’ du
projet.
Les fondations ont des institutions plus formalisées avec un board of
director d’une dizaine de membres, élus annuellement par les
commiters. Le board se réunit périodiquement (virtuellement), de
l’ordre d’une fois par mois, et prend ses décisions, qui sont publiées
dans un compte rendu public.
Certains projets, Gnome par exemple, ont formalisé les règles de cette
démocratie. Dans d’autres, un noyau plus réduit, voire une personne
unique, rend les arbitrages ultimes. Pour le noyau Linux, typiquement,
c’est encore le rôle qui revient à Linus Torvalds. Mais dans tous les
cas, la hiérarchie au sein du projet n’est fondée que sur la valeur et la
reconnaissance des pairs.
Modèle de
développement
Modèle de développement en cascade
Les modèles de développement traditionnels, que ce soit en cascade ou
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« cycle en V » ne conviennent pas aux projets communautaires.
L’enchaînement linéaire de phases distinctes suppose une planification
globale et une affectation des tâches centralisée. Par ailleurs,
indépendamment même du contexte communautaire, ces modèles se
prêtent mal aux très grands projets : ils ne permettent pas de bien
gérer des besoins qui évoluent, et ils n’apportent pas suffisamment de
retours d’expérience, de feedback, d’une étape vers la précédente.
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Page 67
Introduction à l’Open Source
Modularité impérative
Pour que quelques centaines de développeurs puissent travailler sans
se marcher sur les pieds, il faut tracer des frontières propres et
identifier des modules de dimension gérable par un développeur.
Si la bonne modularité, c’est à dire le découpage d’un grand projet en
petites entités élémentaires, est un des principes élémentaires du génie
logiciel, dans les grands projets open source cela devient une exigence
vitale. La logique du « diviser pour régner » est incontournable.
Le principe est donc de découper le système dans son ensemble en
sous-systèmes dont les interfaces sont parfaitement définies, de sorte
que chaque sous-système peut évoluer dans son développement
indépendamment des autres, du moment qu’il respecte les interfaces
convenues.
A l’intérieur d’un même sous-système, le découpage se poursuit, au
niveau des classes, objets, fonctions.
Développement itératif
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Le modèle de développement communautaire prédominant est appelé
itératif, ou encore « en spirale ». Ses principes fondamentaux sont :

d’une part un découpage en modules qui suivent chacun leur
propre cycle de développement

d’autre part l’itération de cycles courts répétés (spécifications,
développement, intégration) de manière indépendante sur chacun
des modules.
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Page 68
Introduction à l’Open Source
Et le tout dans le contexte général de l’intégration continue, qui permet
de mesurer l’avancement, et de maîtriser les régressions, tout
particulièrement dans les incompatibilités qui pourraient apparaître
entre les modules.
Le modèle en spirale a également des aspects qu’on pourrait appeler
« darwiniens », c’est à dire qu’à tout instant un développeur peut donner
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naissance à une version nouvelle d’un module, qui pourra ou non
remplacer la précédente selon qu’elle est considérée supérieure.
On obtient donc le fonctionnement général représenté sur la figure
suivante, où chaque module suit son propre cycle en spirale.
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Page 69
Introduction à l’Open Source
Il faut souligner que ces modèles de développement ne sont pas propres
à l’open source communautaire. Ils peuvent convenir à une variété de
grands projets. Mais ils doivent beaucoup à l’expérience des projets
open source.
Test et accès au code
La phase finale d’un cycle de développement est la stabilisation et les
tests. On parle de version béta lorsque le programme est entre les
mains d’un sous-ensemble d’utilisateurs finaux volontaires.
Les projets open source ont une claire supériorité dans la phase de
tests, à deux égards. Tout d’abord par le nombre plus important de
personnes intervenant dans cette phase, et leur plus grande motivation.
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Et deuxièmement par le libre accès aux sources, qui permettra une
meilleure qualification des anomalies.
Les outils
Les grands projets open source ont fait progressé la méthodologie, mais
ils ont aussi apporté énormément aux outils qui l’accompagnent.
Environnement intégré
Pendant longtemps, les outils de développement de l’open source
étaient un peu rustiques. Sophistiqués au plan technique, mais peu
travaillés au plan ergonomique.
Les choses ont changé toutefois, et comme on l’a vu plus haut, la
plateforme Eclipse en est la meilleure illustration. Initialement plutôt
orientée vers le développement Java, elle se prête aujourd’hui à tous les
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Page 70
Introduction à l’Open Source
environnements, et son exceptionnelle modularité lui permet d’accueillir
un nombre extraordinaire d’extensions. Même les équipes de
développement qui ne sont pas spécifiquement orientées vers l’open
source ont aujourd’hui adopté cette plateforme.
Gestion des sources
Les outils de gestion des sources tels que CVS ou SVN sont le
fondement de tout développement communautaire. Ils permettent de
gérer les ajouts simultanés de centaines de développeurs, en identifiant
précisément chaque modification, son auteur, sa date et sa finalité, et
permettent de revenir sur une modification.
L’usage de ces outils s’est aujourd’hui généralisé, mais les grands
projets open source ne seraient tout simplement pas possibles
autrement.
Outils de génération
Une autre famille d’outils, où excelle l’open source, est celle des outils
de génération, qui permettent d’automatiser les opérations de
génération d’un programme, en gérant les dépendances entre
composants. Depuis le rustique make Unix, jusqu’à Ant, et plus
récemment, la Rolls de la catégorie, Apache Maven.
Intégration continue
Les projets open source ont généralisé la pratique de l’intégration
continue.
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L’intégration continue consiste à générer et contrôler de manière
quotidienne l’ensemble de l’application, afin d’identifier le plus en
amont possible d’éventuelles régressions, erreurs ou incompatibilités
entre modules.
On sait depuis longtemps que le coût de correction d’une anomalie croît
de manière très forte avec le temps qui sépare son apparition dans le
code de sa détection. L’intégration continue vise donc tout simplement
à réduire ce temps au maximum : si au jour J un programmeur
commite un changement comportant un bug, son erreur lui est signalée
à J+1, et le coût de correction sera extrêmement faible.
L’intégration continue entre dans le cadre plus général du test-driven
development, développement piloté par le test. Cette approche consiste
à écrire les scénarios de test et mettre en place les outils associés, avant
d’écrire les programmes. Les tests vont du niveau unitaire, jusqu’au
niveau interfaces.
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Introduction à l’Open Source
Les principaux outils d’intégration continue sont CruiseControl, et
Continuum, qui est intégré à Maven.
Suivi des demandes et bugs
Moins sophistiqués, mais importants néanmoins, sont les outils de suivi
des demandes et des anomalies, les « issues », avec en particulier le
célèbre Mantis, mais aussi Bugzilla, associé au projet Mozilla.
Outils d’échanges
Enfin, les développeurs utilisent pratiquement tous les outils d’échange
communautaires existants, au développement desquels ils ont souvent
participé :

Mailing-lists automatique

Forums

Wiki, en particulier pour spécifications et documentations

Messagerie instantanée
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Introduction à l’Open Source
CONCLUSION
J’espère que ce petit ouvrage vous aura permis de mieux comprendre
l’open source, et que nous aurons su aussi vous communiquer un peu
de notre enthousiasme.
L’open source est un mouvement merveilleux, à la fois par les valeurs
qu’il porte, de liberté, de solidarité, d’ouverture, et par les bénéfices qu’il
apporte, tant aux citoyens qu’aux entreprises.
Même si l’open source a ses racines bien antérieures au web, on peut
affirmer qu’il porte aujourd’hui la plus grande révolution de
l’informatique depuis l’Internet. Et le mot de révolution n’est pas
excessif tant les positions en place sont bouleversées, et le modèle
économique de nombreuses entreprises reconsidéré.
Pour aller plus loin, et apprécier les apports des solutions open source
pour votre activité, pour votre entreprise, nous vous conseillons les
autres livres blancs de Smile : gestion de contenus, portails, business
intelligence, gestion de documents, ERP, … dans tous ces domaines,
Smile a évalué les meilleures solutions open source du marché, et vous
apporte ses retours d’expériences.
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Introduction à l'Open Source et au logiciel libre
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Informations
Date : 04/12/2010
Langue : Français
Pages : 72
Consultations : 2561
Commentaires : 0
Note :  
Résumé

Auteur : Patrice Bertrand


Description : Livre blanc sur les logiciels libres et les technologies open source. 2008 Creative Commons


Tags : Informatique, open source, logiciels libres

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