Envoyé par Servane.
Fiche de lecture
L’ASSOMMOIR - EMILE ZOLA - 1877
Résumé
Abandonné par son amant Lantier avec ses deux enfants, Claude et Etienne,
Gervaise Macquart épouse Coupeau, ouvrier zingueur et mène une vie prospère
grâce à sa blanchisserie. Après être tombé accidentel ement d’un toit, Coupeau se
met à boire. Ayant retrouvé Lantier au cours d’une fête, Gervaise croit pouvoir se
consoler en le prenant comme amant. Négligeant bientôt ses affaires, el e glisse
progressivement dans l’alcoolisme et meurt peu après Coupeau dans la déchéance
et la misère.
Personnages
• Gervaise :
C’est un personnage continuel ement éprouvé par la vie. Elle est une victime du
destin et de la société. De la belle blanchisseuse blonde et travailleuse, elle devient
une épave. Son existence est une chute « dans le lent avachissement de la vie »
(chapitre 5). Mais el e n’est pas responsable de ce qui lui arrive. Zola fait intervenir
d’autres facteurs comme la malchance.
• Lantier
C’est un double personnage. Au début du roman, il vit avec Gervaise, la maltraite
et l’exploite, puis la quitte. Puis il revient s’installer avec elle : il est devenu galant,
bon diplomate
Personnage exécrable. Il est prêt à tout pour arriver à ses fins. C’est le type du
jouisseur, paresseux et dénué de scrupules.
• Coupeau
2ème mari de Gervaise. Au début du roman, il est l’exemple même du parfait
ouvrier. Suite à un accident, la paresse et l’alcoolisme deviennt ses caractéristiques
essentielles. Il a recours à l’alcool pour fuir la sordide réalité.
Evolution négative de ses relations avec Gervaise : quittant l’aspect du mari idéal qui
aime sa femme, économise chaque sou, s’occupe des enfants, il devient un mari
brutal, qui frappe sa femme, s’absente de plus en plus du domicile familial et dilapide
les économies.
C’est presque en médecin que Zola observa sa déchéance. La description de son
délire alcoolique est une des pages célèbres du roman.
• Anna, dit Nana
Elle se sent « dans le vice comme dans un poisson dans l’eau ». Deviendra
l’héroïne du roman éponyme, comme Etienne celui de Germinal et Claude celui de
L’œuvre.
Thèmes
• L’alcoolisme :
Zlao montre les effets de ce fléau social à travers l’évolution de Coupeau,
progressivement gagné par la paresse, la déchéance physique, la violence, la folie.
• Les milieux ouvriers
Un des 4 mondes sociaux que Zola expose dans les Rougon-Macquart : le
peuple ; les commerçants ; la bourgeoisie et le grand monde ; « un monde à part »
où se côtoient prostitués, prêtres, meurtriers et artistes.
Dans ce roman , l’honnête Goujet, le paresseux Coupeau, l’avare et fier Lorilleux, le
bruyant Mes-Bottes en illustrent chacun un aspect.
• Le récit d’une déchéance
Celle d’une femme. Quel es sont les causes qui poussent Gervaise à la ruine ?
quel est le rôle de la malchance, du tempérament de l’héroïne, du milieu où el e
évolue ;
Le tempérament est l’ensemble des traits physiologiques qui déterminent la nature
d’un être. Intérêt de Zola plus pour le tempérament que pour le caractère des
personnages. Ceux-ci peuvent avoir un tempérament nerveux (qui les rend anxieux),
un tempérament sanguin (qui les rend coléreux), un tempérament lymphatique (qui
les rend faibles et mous).
• Le roman du Paris populaire
Zola montre tous les aspects : les faubourgs, les grands immeubles où l’on vit
dans la misère et la promiscuité, les cafés où les hommes se saoulent, les lavoirs où
les femmes travaillent.
• La langue du peuple
Roman écrit dans une langue orale, imagée, cocasse, savoureuse dont le verdeur et
la crudité nous font entrer dans la psychologie des personnages.
De plus, étrange phénomène de contamination entre le parler populaire propre au
discours direct et indirect libre et la langue de la narration. Par exemple, la mise en
bière de Gervaise n’est pas contenue dans un passage au style indirect libre mais
elle est pourtant écrite dans la langue familière dont usent les personnages.
Utilisé d’abord comme un pivot qui facilite le passage de la narration aux réflexions
d’un personnage, le style indirect libre s’est emparé du récit. Son extraordinaire
expansion donne au roman la forme d’un étonnant « roman parlé ».
Citations extraites de la préface
« J’ai voulu peindre la déchéance fatale d’une famille ouvrière, dans le milieu
empesté de nos faubourgs. Au bout de l’ivrognerie et de la fainéantise, il y a le
relâchement des liens de la famille, les ordures de la promiscuité, l’oubli progressif
des sentiments honnêtes, puis comme dénouement la honte et la mort. C’est de la
morale en action, simplement. »
« […] le plus chaste de mes livres. »
« Mon crime est d’avoir eu la curiosité littéraire de ramasser et de couler dans un
moule très travail é la langue du peuple ! Ah ! la forme, là est le grand crime. »
« […] ma volonté était de faire un travail purement philologique, que je crois d’un vif
intérêt historique et social. »
« C’est une œuvre de vérité, le premier roman sur le peuple, qui ne mente pas et qui
ait l’odeur du peuple. »