L'EQUILIBRE SUR UN MARCHE
CONCURRENTIEL
...
Coordination par les prix
Efficacité des allocations
Plan du chapitre
I - Analyse positive d'un marché en concurrence
II - Analyse normative d'un marché en concurrence
III - Statiques comparatives
IV - Exemples
I
ANALYSE POSITIVE D'UN MARCHE
EN CONCURRENCE
A - Représentation du marché en concurrence
1 - Les hypothèses de la concurrence pure et parfaite.
2 - Rôle central des prix et absence de comportements
stratégiques.
3 - Offre et demande concurrentielles.
B - Equilibre du marché
1 - Prix, quantité et allocation d'équilibre.
2 - Calcul à partir des fonctions d'offre et de demande.
3 - Coordination et absence de stocks dans le marché en
concurrence.
Les hypothèses de la concurrence pure et parfaite.
I - A - 1 Définition: Le marché est le lieu où s'échange un bien entre Le seul sourire de
vendeurs et acheteurs, et par extension l'ensemble des la vendeuse suffit
transactions concernant ce bien à un certain prix.
à faire échec à
La concurrence pure et parfaite concerne le cas particulier la
concurrence.
Baudin.
où :
Un marché concurren-
- le bien échangé est homogène,
tiel est un marché sur
lequel les acheteurs
- les actions que peuvent prendre les différents acteurs et les vendeurs sont
n'ont aucun impact sur le prix du marché.
tellement nombreux
qu'aucun d'eux ne
Formellement, on retient généralement les hypothèse peut
s
exercer une in-
fluence sinificative
suivantes :
sur les prix. Mankiw.
Atomicité de l'offre et de la demande : il y a une multitude d'agents de
petite tail e => aucun ne peut influencer le prix du marché => agents "preneurs
de prix".
Homogénéité du produit : les biens sont strictement identiques quelles que
soit leurs provenances.
Libre entrée : liberté de formuler une offre ou une demande.
Transparence : tous les agents peuvent sans coût, connaître toute l'information
I - A - 2 Rôle central des prix et
absence de comportements stratégiques
A contrario :
Compte tenu de l'hypothèse d'atomicité, chaque agent sait que ses
Dans un marché où décisions ont un impact négligeable sur les conditions du marché, en
particulier sur le prix du marché.
il y a peu de firmes
( o l i g o p o l e ) , => Chaque agent est donc "preneur de prix". Il est conscient de
chacune
a ne pouvoir influencer le prix du marché. On dit qu'il n'y a pas de
conscience de comportement stratégique possible.
pouvoir influencer
le prix du marché
Les choix industriels, l'offre, ne se font qu'à partir du
et donc affecter
prix. Le prix étant comme imposé à l'entreprise atome,
le profit de ses
cette dernière fait ses choix en fonction du prix.
concurrentes.
Les choix des ménages, la demande, dépendent du prix
Il
y
a
des biens, sans aucune considération sur l'influence
comportement
qu'ils pourraient avoir sur l'économie.
s t r a t é g i q u e
possible.
I - A - 3 Offre et demande concurrentielles
Définition : On appelle Offre du marché, le nombre de biens
proposés par les vendeurs en fonction du prix.
Définition : On appelle Demande du marché, le nombre de
biens que les consommateurs sont désireux d'acheter en
fonction du prix.
I - A - 3a
Offre croissante avec les prix
Hypothèse : on considère le plus souvent que
l'offre augmente avec le prix, et qu'elle diminue
quand le prix diminue.
=> L'offre est en relation croissante avec le prix
de vente.
Intuitivement on peut justifier cette hypothèse
de deux manières :
Lorsque le prix de vente augmente, des
opportunités nouvelles apparaissent pour des
firmes jusqu'alors non profitables (hypothèse de
libre entrée).
Dans une même firme, augmenter la pro-
duction courante, bien que coûteux, peut se révéler
rentable avec l'augmentation des marges.
I - A - 3abis Représentation de l'offre
Définition : La fonction d'offre est la relation qui
existe entre le prix et le nombre d'objets offerts
sur le marché.
C'est une fonction (en général) croissante qu'on
représente dans un repère PRIX - QUANTITE.
q
q0
p0 p
I - A- 3b
Demande décroissante avec le prix
Hypothèse : On considère le plus souvent que la demande
diminue quand le prix augmente et qu'elle augmente quand
le prix diminue.
=> La demande est en relation décroissante avec le prix
d'achat.
Intuitivement on peut justifier cette hypothèse de deux
manières :
Lorsque le prix d'achat augmente, moins d'agents
sont intéressés.
Un même agent peut décider de substituer ce bien
par autre chose.
I - A - 3b
bis
Représentation de la demande
Définition : La fonction de demande est la rela-
tion qui existe entre le prix d'achat et le nombre
d'objets demandés.
C'est une fonction (en général) décroissante qu'on
représente dans un repère PRIX-QUANTITE
q
p
I - B - 1
Marché en équilibre :
prix, quantité et allocation d'équilibre
Il existe un unique prix p* pour lequel la quantité offerte est
égale à la quantité demandée : c'est le prix d'équilibre, qui se
trouve à l'intersection des courbes d'offre et de demande.
Pour ce prix p*, la quantité q* échangée est appelée quantité
d'équilibre.
q
q*
p*
p
A l'équilibre du marché, ce ne sont pas n'importe quel es unités
du bien qui sont échangées : les unités effectivement échangées
constituent l'allocation d'équilibre.
I - B - 2 Calcul à partir des fonctions d'offre et
de demande.
Méthode : Une étape préalable est de calculer
l'offre et la demande en fonction du prix.
On recherche alors :
le prix tel que : Offre = demande
le nombre de biens échangés correspondants
Exemple : Calculer l'équilibre du marché quand
S(p) = 4p et D(p) = 100 - p.
I - B - 2bis Exemple : un marché de peinture industrielle
Quatre peintres dont on connaît le coût de
leur intervention peuvent intervenir et qua-
tre clients potentiels dont on connaît le prix
maximum qu'ils sont prêts à payer pour refaire Définition : La
la façade de leur habitation. On suppose que disposition à payer
chaque peintre ne peut intervenir que sur un ou prix de réserve
chantier au plus.
pour l'acquisition
d'une unité d'un bien
Clients Prix de ré-
serve
Peintres Coût
est le prix maximum
Louis
880 $
Marie
900 $
que
l'acheteur
acceptera de payer
Gontrand 600 $
Louise
880 $
pour ce bien. Au-
Jules
400 $
Georgia
600 $
delà de cette valeur,
il n'achète pas le
Albert
200 $
Josette
500 $
bien.
Quel est l'équilibre sur ce marché ?
I - B - 3
Coordination et absence de stocks
Dans un marché concurrentiel il n'y a aucun stock. Tout ce qui
est produit est vendu. Dit autrement, on ne produit pas plus que
ce que les gens sont disposés à acheter.
Cette coordination entre offre et demande n'est pas l'oeuvre
d'un gouvernement qui centraliserait toute l'information sur
les désirs des ménages et les ressources du pays (y compris les
capacités techniques des firmes).
Elle est au contraire rendue spontanée par le fonctionnement
du marché qui "force" chaque agent à adopter le prix d'équilibre. Il
n'y a pas de confrontation directe entre firmes et ménages. Cette
confrontation se fait par l'intermédiaire des prix.
Dans un marché concurrentiel, les prix apparaissent comme
la variable qui permet de déterminer les quantités qui sont
offertes ou demandées par les différents agents. Les
prix sont la variable par excellence qui va permettre de
coordonner production et consommation.
ANALYSE NORMATIVE D'UN MARCHE
II
EN CONCURRENCE
A - Une mesure d'efficacité : le surplus
1 - Le surplus du consommateur
2 - Le surplus du producteur (ou profit)
3 - Le surplus global de l'économie
B - Efficacité de l'allocation d'équilibre
1 - Effet allocatif du marché
2 - Allocation d'équilibre et maximisation du surplus global
3 - Commentaire
4 - Optimalité de Pareto et 1er théorème du bien-être
5 - Redistribution et marché
II - A - 1a
Le surplus du consommateur
La consommation procure une certaine satisfaction
(bien-être, utilité) au consommateur. Une
mesure possible de cette satisfaction dérive
de sa disposition à payer : c'est le surplus du
consommateur.
Définition : Le surplus que procure la consomma-
tion d'une unité d'un bien est la différence entre
la disposition à payer (prix de réserve) et le prix
effectivement payé pour cette unité.
Vous souhaitez vous acheter une chaîne hifi. Vous êtes dis-
posé à payer au maximum 300 euros. Vous vous rendez à
la Fnac et trouvez finalement un modèle convenable pour
250 euros. Votre achat vous procure donc un surplus de 50
euros.
II - A - 1b Surplus marginal et disposition à payer
marginale décroissants
Quand le consommateur consomme plusieurs unités
d'un bien, la désirabilité de chacune des unités
consommées varie : chaque nouvelle unité consom-
mée lui procure moins de bien-être que la précé-
dente, donc sa disposition à payer pour chaque
nouvelle unité diminue. En conséquence, le surplus
retiré sur chaque nouvelle unité consommée est
aussi décroissant.
Définition : On appelle disposition marginale à
payer la disposition à payer pour la dernière unité
consommée. Elle est donc décroissante.
Définition : De même, le surplus marginal du con-
sommateur est le surplus que lui procure la con-
sommation de la dernière unité consommée. Il est
donc décroissant.
II - A - 1c
Représentation du surplus : Exemple
Le prix du marché est p* = 5. Supposons que la disposition marginale à payer
du consommateur pour la 1ère unité soit de 15, pour la 2e de 9, pour la 2e de
6 et pour la 4e de 5.
Son surplus marginal est donc de 15-5=10 pour la 1ère unité, de 9-5=4 pour
la 2e, etc.
Le surplus total est la somme des surplus marginaux obtenus sur chacune
des unités consommées.
Le consommateur souhaite se procurer des unités du bien tant que son surplus
marginal est positif ou nul. Ici, il consommera donc 4 unités. Son surplus total
est alors égal à 15.
p
Surplus total
15
Remarque: On représente les caracté-
9
ristiques de ce consommateur dans un
6
p* = 5
graphique quantité-prix, dans lequel la
partie colorée de chaque barre corres-
pond au surplus pour chacune des unités
1 2 3 4
q achetées
II - A - 1d
Généralisation de l'exemple
Dans l'exemple précédent, si l'on suppose que le consomma-
teur peut se procurer des fractions infimes du bien, la courbe
devient continue mais le raisonnement est le même.
Le surplus marginal engendré par
p
l'achat de Δq unité quand on possède
q est Δq(p(q)-p*). Cette quantité
est représentée par la surface
p(q)
Δq
rectangulaire bleue foncé.
p*
Le surplus du ménage qui consomme
q* unités au prix p* est la somme des
q q*
q
aires élémentaires décrites ci-dessus.
Cette quantité est représentée par la
surface bleu ciel.
Proposition : Le surplus du consommateur achetant q* unités au prix
p* est l'aire comprise entre la courbe de disposition marginale à payer
et la droite horizontale p*.
II - A - 1e Disposition à payer, surplus et demande inverse
p
p*
q*
q
La courbe qui représente la disposition marginale à payer p(q) du
consommateur est aussi appelée courbe de demande inverse; en
effet, si on l'interprète en sens inverse, on voit qu'el e donne pour
chaque niveau de prix la quantité demandée par le consommateur:
on reconnaît bien la courbe de demande.
Remarque : On peut donc représenter le surplus d'un consommateur
à l'aide de sa courbe de demande. De manière identique, on
représente le surplus de l'ensemble des consommateurs du
marché à l'aide de la courbe de demande globale (ou agrégée)
des consommateurs du marché.
Le surplus du producteur (ou profit)
II - A - 2a
Définition : Le surplus du producteur sur la vente d'une
unité de bien est la différence entre le prix de vente
et le prix minimum auquel il est disposé à vendre le
bien, c'est-à-dire son coût de production.
Le surplus du producteur correspond donc à son
profit.
On suppose en général que le coût marginal de pro-
duction (coût de la dernière unité produite) augmente.
Ainsi, de manière analogue au consommateur, le surplus
marginal du producteur est décroissant.
Définition : Le surplus total du producteur sur l'en-
semble de sa vente est la somme de ses surplus margi-
naux sur chaque unité vendue.
II - A - 2b Représentation du surplus du producteur
Comme le consommateur, le surplus total se représente fa-
cilement dans un repère quantité-prix.
p
Surplus total du
producteur
p*
q*
q
Cette courbe est aussi appelée offre inverse du producteur
car si on l'interprète en sens inverse, elle indique pour
chaque niveau de prix la quantité que le producteur accepte
d'offrir.
Proposition : Le surplus total du producteur produisant
q* unités qu'il vend au prix p* est l'aire comprise entre la
courbe d'offre inverse et la droite horizontale p* (idem
pour l'offre globale du marché avec la courbe d'offre glo-
bale).
II - A - 3
Le surplus global de l'économie
Définition : Le surplus global de l'économie est la somme des sur-
plus de tous les consommateurs et de tous les producteurs.
C'est donc l'aire comprise entre les courbes d'offre et de demande
globales inverses, et la droite verticale correspondant à la quantité
échangée q.
Pour une quantité q produite et achetée (en dehors de l'équilibre)
le surplus global est indépendant du prix auquel se sont faites les
transactions.
p
Surplus pour q < q*
Pour tout prix compris
Surplus pour q*
entre p- et p+ les q unités
produites seront ache-
tées, ni plus ni moins.
p+
p*
p-
q
q
q*
II - B - 1
Effet allocatif du marché
Ce qui intéresse l'économiste du point de vue normatif,
c'est l'allocation qu'obtiennent les agents suite aux
échanges.
Définition : Dans le cadre présent, on appel e "al ocation"
le nombre d'unités du biens achetée par chaque
consommateur et vendue par chaque vendeur sur le
marché.
On s'intéresse en particulier l'allocation d'équilibre
concurrentiel. La question qui est alors posée est de
savoir si on peut ou non faire "mieux" que l'allocation
d'équilibre.
II - B - 2 Allocation d'équilibre et maximum du surplus
global
Représentons à nouveau le surplus global de l'éco-
nomie dans un espace quantité-prix, avec deux cas
q<q* et q=q*.
p
Surplus à q<q* produit
Surplus à q* produit
p+
p*
p-
q
q
q*
Proposition : sur le marché d'un bien caractérisé
par une fonction d'offre et une fonction de de-
mande, le surplus global de l'économie est maxi-
mum pour l'allocation d'équilibre q = q*.
II - B - 3a Allocation d'équilibre et maximum du surplus
global : Commentaire
L'effet de la concurrence est d'écarter du mar-
ché certains consommateurs et certaines firmes.
1 - Les firmes non efficaces disparaissent quand
les prix sont bas car elles produisent les biens de
manière coûteuse. Elles laissent la place à des fir-
mes plus efficaces, qui produisent plus à moindre
coût (en faisant plus de profit ces firmes profitent
plus à la société en général).
2 - Les consommateurs, les agents moins désireux
du bien se retirent du marché et dépensent leurs
ressources sur d'autres marchés. Il ne reste que
les ménages dont la disposition à payer est éle-
vée.
Il en résulte que le surplus est maximum, et on
démontre dans un cadre plus général que l'al ocation
ainsi obtenue est un optimum de Pareto...
II - B - 3bRecherche directe d'une allocation efficace (sans
passer par les courbes d'offre et de demande)
Les consommateurs dont le surplus potentiel est
le plus élevé sont les consommateurs dont la dis-
position à payer est la plus haute. (Appelons-les
consommateurs "désireux").
Les firmes dont le surplus potentiel est le plus
élevé sont les firmes dont les coûts sont les plus
bas. (Appelons-les firmes "efficaces").
Formons les paires les plus extrêmes, la firme la
plus efficace avec le consommateur le plus dé-
sireux, la deuxième firme avec le deuxième con-
sommateur , etc... jusqu'à ce que consommateurs
et firmes ne puissent plus échanger (coût > prix
réserve).
Proposition : L'allocation ainsi formée maximise
le surplus de l'économie (par construction), c'est
donc l'allocation d'équilibre.
II - B - 3c Exemple : le marché de peinture industrielle
Clients Prix de ré-
serve
Peintres Coût
Louis
880 $
Marie
900 $
Gontrand 600 $
Louise
880 $
Jules
400 $
Georgia
600 $
Albert
200 $
Josette
500 $
Rechercher l'allocation qui maximise le surplus
global de l'économie à l'aide de l'algorithme pré-
cédent...
II - B - 4 Optimum de Pareto et premier théorème
du bien-être
Définition : Un optimum de Pareto est une al ocation
telle qu'il n'est pas possible d'en trouver une autre
qui donne plus de bien-être à au moins un agent et
autant à tous les autres.
Ce critère est très général en ce sens que tous les
agents s'accordent sur le critère de dominance
entre deux allocations.
Si l'allocation A domine l'allocation B au sens de Pareto, cela
signifie que le bien-être d'au moins un agent est plus élevé
avec l'allocation B et le bien-être des autres agents reste
constant. Alors il est clair que le ou les agents dont le bien-être
augmente opte(nt) pour B et les autres agents, indifférents,
sont d'accord pour opter pour B eux aussi.
Proposition : L'al ocation d'équilibre est un optimum
de Pareto (premier théorème du Bien-Etre).
II - B - 5
Redistribution et marchés
La sélection d'une seule des allocations efficaces par le marché
est par essence arbitraire. S'il n'y avait que le premier théorème,
pour remarquable que soit ce résultat, il serait de portée très
limitée. En effet, il existe en général un grand nombre d'optima
de Pareto, mais tous ne sont pas aussi équitables, et donc aussi
désirables socialement.
Le second théorème ouvre un champ d'application de l'économie
de marché en affirmant que n'importe quel optimum de Pareto
peut être obtenu par la juxtaposition d'un système de taxation
(transfert) et d'une économie de marché.
Proposition : Sous certaines hypothèses de régularité
de l'économie, tout optimum de Pareto peut être l'issue
d'un mécanisme de marché, après qu'aient été opérés des
transferts en numéraire entre les agents.
Ce résultat est connu comme le second théorème du bien-
être.
III
STATIQUE COMPARATIVE
A - Environnement changeant et variables explicatives
1 - Economie et statique comparative
2 - Causes naturelles et sociales
3 - Choc d'offre
4 - Choc de demande
B - Déplacement de l'équilibre économique
1 - Etapes de l'analyse
2 - Modification de l'équilibre
III - A - 1
Economie et statique comparative
Etudier l'économie, c'est chercher à comprendre
comment elle réagit lorsque l'on modifie son
environnement. Ceci inclut la modification d'un
paramètre caractéristique des firmes ou de la
consommation des ménages. Cette analyse englobe
toutes causes possibles.
Définition : La statique comparative est la théorie
qui étudie les effets induits par une modification
d'un ou plusieurs paramètres de l'économie et par
extension de l'environnement économique.
III - A - 2
Causes naturelles et sociales
Les causes des variations de l'économie sont soit
naturelles (ex : conditions climatiques, irruption
volcanique, etc.), soit sociales (action humaine,
ex : politique économique).
Dans le premier cas, l'économie cherche à
comprendre les conséquences à venir d'une
modification de l'environnement, ou recherche
dans l'histoire les causes d'une modification
présente de certaines variables économiques.
Dans le second cas, l'économiste désire anticiper
les conséquences d'une variation de l'économie
qu'il va introduire artificiel ement, afin de vérifier
le bien-fondé de sa politique.
III - A - 3a
Choc d'offre
Définition : un choc sur l'offre est une modifi-
cation de l'environnement économique qui a pour
effet de modifier l'offre.
Typiquement, un choc sur l'offre provient :
d'une modification brutale des ressources tech-
nologiques (une usine détruite).
de l'introduction d'une technologie nouvelle (re-
composition du secteur)
de la modification du prix des facteurs de
production.
Remarque : C'est toute la courbe d'offre
qui est déplacée, c'est-à-dire le potentiel de
production.
III - A - 3b
Déplacement de l'offre
Le choc d'offre n'est rien d'autre qu'une modi-
fication des stratégies de production en fonction
du prix. Graphiquement cela se traduit par un dé-
placement de la courbe d'offre.
Exemple :
Choc d'offre négatif
q
p
III - A - 4a
Choc de demande
Définition : Un choc sur la demande est une modi-
fication de l'environnement économique qui a pour
effet de modifier la demande.
Typiquement, un choc sur la demande provient :
d'une modification des goûts des ménages (effet
de mode, publicité...)
de la modification des revenus des consommateurs
(croissance, dépenses publiques ...)
Remarque : C'est toute la courbe des éléments qui
est déplacée, c'est-à-dire le potentiel de demande
en fonction du prix.
III - A - 4b
Déplacement de la demande
Le choc de demande n'est rien d'autre qu'une
modification des anticipations de la demande en
fonction du prix. Graphiquement cela se traduit
par un déplacement de la courbe de demande.
Choc de demande négatif
q
p
III - B - 1 Trois étapes pour analyser la modification
de l'équilibre économique
Afin de savoir si un évènement qui survient modi-
fie l'équilibre, les trois étapes suivantes peuvent
aider :
Décider si l'évènement affecte la courbe de
demande, la courbe d'offre ou les deux.
Décider la direction dans laquelle la courbe
est déplacée.
Constater l'impact de ces variations sur
l'équilibre à l'aide d'un diagramme offre-
demande
III - B - 2
Modification de l'équilibre
Proposition : Suite à un choc de demande ou à un
choc d'offre, l'équilibre est modifié. En effet, le
point d'intersection des deux courbes d'offre et
de demande a changé.
Exemple :
Equilibre modifié suite
à un choc de demande
positif :
Prix et quantité aug-
q
mentent
p
IV
EXEMPLES ET APPLICATIONS
Ben & Jerry
Glaces dans un été caniculaire
Glaces et tremblements de terre
Juxtaposition de plusieurs effets et ambiguïté
Les restaurants japonais à Paris
La famine en Inde en 1948.
IV - 1
Marché des glaces
Etant donné le tableau suivant indiquant l'offre
et la demande de glaces pour une gamme de prix
s'étalant de 0 $ à 3 $, tracer les courbes de
demande et d'offre du marché, puis déterminer
l'équilibre.
Prix des cornets Demande
Offre
0$
19
0
0,5$
16
0
1$
13
1
1,5$
10
4
2$
7
7
2,5$
4
10
3$
1
13
IV - 2
Glaces dans un été caniculaire
Les conditions météorologiques peuvent modifier
l'économie !
Si un été est particulièrement caniculaire, les
comportements des consommateurs vont se mo-
difier : ils risquent de consommer plus de glace
qu'à l'accoutumée.
Conséquence : A n'importe quel prix, ils seraient
prêts à acheter plus de glace : la courbe de de-
mande est déplacée vers le haut.
Le prix des glaces augmente ainsi que la pro-
duction. (Vérifier sur un graphique p - q).
IV - 3
Glaces et tremblement de terre
Ce qui arrive aux firmes a des conséquences sur
le marché !
Supposez qu'à la suite d'un tremblement de
terre, deux usines de production de glace soient
endommagées et incapables à court terme de
produire.
Conséquence : L'offre de marché est amputée de
la production de ces deux usines : la courbe est
Le prix des glaces augmente, mais la produc-
tion diminue. (Vérifier sur un graphique p - q).
IV - 4 Juxtaposition de plusieurs effets et
ambiguïté
Lorsque les conditions sont telles que l'offre et la
demande évoluent en même temps, il est toujours
impossible d'anticiper à la fois l'évolution des prix
et des quantités échangées à l'équilibre. Néces-
sairement une des deux variables est ambiguë.
Exemple 1 : Un choc d'offre positif conjugué à
un choc de demande positif implique bien sûr une
plus grande production. La variation du prix est-
elle ambiguë ?
Exemple 2 : Un choc d'offre positif conjugué à un
choc de demande négatif implique une variation du
prix négative. La variation des quantités échangées
est-elle ambiguë ?
IV - 5
Les restaurants japonais à Paris
Les restaurants japonais étaient en vogue dans
la capitale, voilà une dizaine d'années et ils
étaient très onéreux. Ce n'était pas nécessai-
rement la conséquence de leurs coûts, car dans
le même temps, on mangeait des sushis très
bon marché outre-atlantique. Depuis deux ou
trois ans, de nouveaux établissements se sont
ouverts et proposent des menus à 70 F.
Analyser et commenter l'évolution du marché
du restaurant japonais à Paris.
IV - 6
La famine en Inde en 1948
1 / Sur un schéma prix-quantité, que met- Amartya Sen
triez-vous en abscisse, que mettriez-vous en (prix
Nobel
ordonnée pour traduire une famine. Tracer d'économie) dé-
un repère prix-quantité avec ce seuil.
crit les causes
d'une famine qu'il
2 / Représenter sur votre schéma une a vécue dans une
demande locale, la demande du contingent année de bonne
étranger et la demande totale. En suppo- récolte lors de
sant que l'offre n'est pas modifiée, montrer la venue de régi-
comment les quantités produites à l'équili- ments anglais. Il
bre dans le grand marché peuvent être au l'explique comme
dessus du seuil de famine et avoir dans le un choc sur la
même temps la famine pour conséquence.
demande qui, via
le mécanisme de
3 / En quoi la théorie économique permet- prix conduit à la
elle d'éclairer la famine vécue par Amartya famine.
Sen. Quelle leçon tirer de ce cas ?